Journée mondiale des patients : le Maroc entre progrès et défis

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité des patients, célébrée ce 17 septembre, le Maroc met en lumière ses avancées sanitaires récentes. Entre investissements, réformes structurelles et défis persistants, le système de santé poursuit sa mutation pour mieux répondre aux attentes des citoyens.

Le Projet de loi de finances 2025 consacre 32,6 milliards de dirhams au secteur de la santé et de la protection sociale. Ce budget marque une hausse par rapport à 2024. Il traduit une volonté politique forte de moderniser un secteur longtemps fragilisé.

Le ministre de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), Amine Tehraoui, a réaffirmé l’importance de ce cap. Selon lui, la réhabilitation de 1.400 centres de santé primaires, couvrant 94 % des provinces, sera achevée d’ici fin 2025. Ce chantier d’un coût de 6 milliards de dirhams vise à rapprocher les soins des citoyens, notamment en zones rurales.

De grands projets pour lutter contre les inégalités

Le pays mise aussi sur de nouveaux hôpitaux régionaux. Des chantiers sont en cours à Laâyoune, Guelmim, Errachidia et Béni Mellal. Ces établissements renforceront l’offre de soins spécialisés dans des régions encore mal couvertes.

Le gouvernement investit aussi dans des hôpitaux de proximité, plus adaptés aux zones éloignées. Ces structures doivent réduire la pression sur les grands centres hospitaliers, souvent saturés.

Malgré ces efforts, la carte sanitaire 2024 a révélé de fortes disparités. Les médecins et lits hospitaliers restent concentrés dans les grandes villes. Les régions rurales et montagneuses manquent cruellement de ressources médicales.

Cette situation alimente la colère des citoyens. À Agadir, des protestations ont éclaté contre l’hôpital Hassan II. Les habitants ont dénoncé l’absence de médicaments, le manque d’équipements et la pénurie de personnel. En réponse, le ministère a limogé le directeur et plusieurs responsables régionaux.

Nouvelles stratégies pour 2025

La santé maternelle illustre bien ces disparités. En milieu urbain, 96 % des femmes accouchent dans un établissement de santé. En milieu rural, ce chiffre chute à 73,4 %.

La nutrition des enfants reste aussi préoccupante. Le retard de croissance touche 20,5 % des enfants de moins de cinq ans en zones rurales. Ces indicateurs soulignent la nécessité d’une prise en charge plus équitable entre villes et campagnes.

Le Maroc mise sur le Plan Santé 2025 pour accélérer la réforme. Cette stratégie intègre la prévention, la santé communautaire et la lutte contre les maladies chroniques. Elle insiste aussi sur la formation des professionnels et la modernisation des infrastructures.

Le PLF 2025 prévoit la création de 6 500 nouveaux postes budgétaires. Plus de 1 000 médecins spécialistes ont déjà été affectés dans différentes provinces pour combler les manques. Ces mesures visent à améliorer l’attractivité du secteur public et à réduire la fuite des compétences vers le privé ou l’étranger.

Des attentes fortes de la population

Depuis 2024, un nouveau modèle de santé communautaire est déployé dans trois régions prioritaires. Il couvre 14 provinces et 56 centres de santé ruraux.

Ce dispositif place les mères et les enfants au cœur de l’action sanitaire. Il garantit un meilleur suivi des grossesses, des accouchements et de la nutrition infantile. Les résultats préliminaires montrent déjà une amélioration de l’accès aux soins dans certaines zones reculées.

Malgré ces avancées, la population exprime encore des frustrations. Les attentes portent sur la disponibilité des médicaments, la maintenance des équipements et la réduction des délais d’attente.

Les mouvements citoyens, particulièrement visibles en 2025, rappellent l’urgence d’un système plus efficace. Le défi du ministère est désormais d’assurer la continuité des soins pendant les travaux de modernisation.

Un système en mutation

Le Maroc avance vers un système de santé plus moderne et plus équitable. Le budget renforcé, les projets hospitaliers et la santé communautaire représentent des signaux positifs.

Cependant, les défis restent nombreux : inégalités territoriales, manque de personnel, saturation des hôpitaux régionaux. La réussite de la réforme dépendra de la capacité du ministère à maintenir un rythme soutenu et à associer les citoyens aux changements en cours.

L’ambition affichée est claire : offrir à tous les Marocains, en ville comme en campagne, un accès équitable à des soins de qualité.

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