Quelques jours après l’adoption du nouveau décret sur les prix des médicaments, la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (CSPM) exprime de nouvelles inquiétudes. L’organisation estime que le texte pourrait fragiliser les pharmacies d’officine, peser sur la production pharmaceutique nationale et compromettre, à terme, la disponibilité de certains médicaments.
Selon un communiqué consulté par Santé Mag, la CSPM considère que le décret ne corrige pas les déséquilibres hérités de la réforme de 2013. Elle estime au contraire que les nouvelles dispositions risquent de reproduire les mêmes effets, tout en accentuant la pression économique sur les officines et en limitant les bénéfices attendus pour les patients.
La Confédération attire également l’attention sur l’industrie pharmaceutique nationale. Elle affirme que la part de la production locale dans la couverture des besoins du marché est passée d’environ 80 % à près de 50 %, renforçant progressivement la dépendance aux importations. Selon elle, cette évolution pourrait avoir des répercussions sur la souveraineté pharmaceutique et la sécurité d’approvisionnement.
Autre sujet de préoccupation : l’absence de mesures d’accompagnement pour les pharmacies. La CSPM rappelle que le Conseil de la concurrence avait recommandé de développer de nouvelles missions rémunérées pour les pharmaciens afin de réduire leur dépendance aux marges réalisées sur les médicaments. Elle estime que ces recommandations n’ont pas été prises en compte.
Enfin, l’organisation critique la méthode ayant conduit à l’adoption du décret. Elle appelle les pouvoirs publics à reprendre le dialogue avec les représentants de la profession afin de trouver un équilibre entre la baisse des prix, la pérennité des officines, le développement de l’industrie pharmaceutique nationale et l’accès des patients aux traitements.

