Économie du soin : le Maroc devient le premier pays arabe à adopter une stratégie nationale

Le Maroc est devenu le premier pays de la région arabe et le deuxième en Afrique à adopter une stratégie nationale consacrée à l’économie du soin et au travail de soin. Présentée ce 16 juillet à Rabat, cette feuille de route vise à accompagner les évolutions démographiques, à professionnaliser les métiers concernés et à renforcer la protection sociale.

Élaborée sous la conduite du ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, avec l’appui de l’Organisation internationale du Travail et d’ONU Femmes, la stratégie repose sur plusieurs années de production de données, de dialogue institutionnel et d’assistance technique. Elle entend faire du soin un pilier du développement social et économique du Royaume.

Une approche couvrant tout le cycle de vie

La stratégie prévoit des mesures destinées à répondre aux besoins qui apparaissent aux différentes étapes de la vie. Elle concerne notamment la petite enfance, la protection de la maternité et de la paternité, le congé parental, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap ainsi que celles confrontées à une perte d’autonomie ou à une situation de vulnérabilité.

Cette orientation intervient dans un contexte marqué par le vieillissement de la population, l’évolution des structures familiales et l’augmentation de la demande en services de prise en charge. Elle vise également à développer les services de proximité, à améliorer leur qualité et à renforcer les compétences des professionnels du secteur.

Faire du soin une responsabilité partagée

La ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naïma Ben Yahia, a souligné que cette stratégie devait permettre de faire évoluer le soin d’une responsabilité essentiellement assumée par les familles, particulièrement par les femmes, vers une responsabilité davantage partagée.

La feuille de route ambitionne ainsi de mieux reconnaître le travail de soin non rémunéré, de soutenir l’autonomisation économique des femmes et de favoriser la création d’emplois décents. Selon les analyses ayant accompagné son élaboration, des investissements renforcés dans ce domaine pourraient générer un nombre important d’emplois à l’horizon 2035 et accroître la participation féminine au marché du travail.

Le ministère s’est engagé à mettre en place un système national intégré et durable, tandis que l’OIT et ONU Femmes poursuivront leur accompagnement lors de la phase de mise en œuvre. L’objectif affiché est de construire une offre de soin plus accessible, mieux organisée et capable de répondre aux transformations sociales et démographiques du pays.

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