Cancer au Maroc : le MSPS fixe les priorités du Plan national jusqu’en 2029

Le ministère de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS) a lancé la préparation de la seconde moitié du Plan national de prévention et de contrôle du cancer 2020-2029. Réuni le 15 juillet à Rabat, le Comité de pilotage a dressé un bilan des actions engagées depuis 2020 et fixé les priorités qui devront accompagner la réforme du système national de santé au cours des prochaines années.

Le Comité de pilotage du Plan national de prévention et de contrôle du cancer 2020-2029 s’est réuni sous la présidence du ministre de la Santé et de la Protection Sociale, Amine Tehraoui, afin d’évaluer les avancées enregistrées depuis le lancement de la stratégie et d’arrêter les principales orientations qui guideront la période 2027-2029.

Le ministère met en avant plusieurs progrès, notamment le renforcement du réseau des établissements spécialisés en oncologie, l’amélioration de l’accès aux médicaments innovants, le développement des soins palliatifs et l’extension des programmes de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus.

Dans son allocution, Amine Tehraoui a rappelé que les centres publics d’oncologie prennent aujourd’hui en charge plus de 110.000 patients chaque année, dont près de 24.000 nouveaux cas. Il a également souligné les investissements réalisés au cours des quinze dernières années dans les infrastructures, les équipements et la formation des professionnels de santé.

La réforme du système de santé au cœur de la stratégie

Pour le ministre, la prochaine étape du Plan national devra s’appuyer sur la réforme en cours du système de santé. La mise en place des Groupements Sanitaires Territoriaux (GST), le renforcement de la gouvernance, la transformation numérique, le développement des ressources humaines et une meilleure coordination entre les différents niveaux de soins figurent parmi les principaux leviers identifiés pour améliorer les parcours des patients atteints de cancer.

Le Comité de pilotage a également retenu plusieurs priorités pour les prochaines années, parmi lesquelles le renforcement de la prévention, l’amélioration de la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV), la réduction des inégalités territoriales d’accès aux soins et l’optimisation des parcours de diagnostic et de traitement.

Une stratégie confrontée à une charge croissante de la maladie

Cette nouvelle feuille de route intervient alors que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), estime que le Maroc a enregistré 47.944 nouveaux cas de cancer en 2024, ainsi que 26.459 décès liés à la maladie. Selon ces estimations, 113.159 personnes vivaient avec un diagnostic de cancer posé au cours des cinq années précédentes, illustrant l’importance croissante des besoins en prévention, en dépistage, en traitement et en suivi des patients.

Le CIRC rappelle que le cancer du sein demeure le plus fréquent au Maroc avec 10.410 nouveaux cas, tandis que le cancer du poumon reste la première cause de mortalité liée à la maladie avec 5.763 décès. Ces estimations, publiées le même jour que la réunion du Comité de pilotage, soulignent les enjeux auxquels devra répondre la deuxième phase du Plan national de prévention et de contrôle du cancer.

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