Ebola : l’OMS estime que le nombre réel de cas pourrait être jusqu’à quatre fois supérieur

 Deux mois après le début de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme. L’agence estime que l’ampleur réelle de la flambée pourrait être de deux à quatre fois supérieure aux données officielles. Une alerte qui intervient alors que cette épidémie est déjà considérée comme l’une des plus importantes et des plus rapides jamais enregistrées.

Les autorités sanitaires congolaises ont recensé 1.963 cas confirmés et 719 décès au 12 juillet. Ces données sont reprises par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). L’Ouganda compte 20 cas confirmés et deux décès. Un cas importé a également été confirmé en France. Au total, l’épidémie totalise 1.984 cas confirmés et 721 décès.

Pour Chikwe Ihekweazu, directeur du programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS, ce bilan reste largement sous-estimé. Il estime que le nombre réel de personnes infectées pourrait être de deux à quatre fois supérieur. Selon lui, les premiers cas sont apparus dès le mois d’avril. L’épidémie circulait donc avant sa déclaration officielle.

L’OMS s’inquiète surtout des décès survenus au sein des communautés. De nombreux patients meurent sans avoir été pris en charge dans une structure de santé. Le suivi des contacts reste également insuffisant. Aujourd’hui, 80 % des nouveaux cas ne figuraient sur aucune liste de contacts. Plusieurs chaînes de transmission échappent encore aux équipes de surveillance.

L’épidémie est provoquée par le virus Ebola Bundibugyo. Elle touche désormais les provinces du Haut-Uele, de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de la Tshopo, dans l’est de la RDC. Des cas ont aussi été confirmés à Kampala, en Ouganda. À ce stade, aucune transmission communautaire n’y a été observée. Selon le CDC, il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC. C’est aussi la troisième plus importante jamais enregistrée et la plus rapide. Le seuil des 1.000 cas confirmés a été franchi en seulement 40 jours, contre environ 235 jours lors de l’épidémie de 2018.

La riposte reste freinée par de nombreux obstacles. Les infrastructures de santé sont limitées dans les zones touchées. Les conflits armés, les déplacements de population et la désinformation compliquent également les opérations de terrain. En parallèle, un premier essai clinique de prophylaxie post-exposition a débuté à Bunia, en Ituri. Près de 1.000 personnes contacts pourraient participer à cette étude. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est attendu en RDC dans les prochains jours pour faire le point sur la situation.

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