Résistance aux antibiotiques : une étude met en lumière les défis du Maroc

L’antibiorésistance reste l’une des plus grandes menaces pour la santé publique mondiale. Une revue scientifique publiée par une équipe de chercheurs marocains met en lumière les défis persistants en Afrique et présente le Maroc comme un cas d’étude, appelant à renforcer la surveillance, le bon usage des antibiotiques et les capacités des laboratoires.

La publication rappelle qu’en 2019, 4,95 millions de décès dans le monde étaient associés à une résistance bactérienne aux antimicrobiens, dont 1,27 million directement attribués à cette résistance. L’Afrique subsaharienne de l’Ouest présente les taux de mortalité les plus élevés, en raison notamment du poids des maladies infectieuses, de l’accès limité aux diagnostics microbiologiques, de l’automédication et d’un usage inapproprié des antibiotiques.

Selon les auteurs, les données publiées au Maroc montrent des niveaux élevés de résistance chez plusieurs bactéries prioritaires identifiées par l’Organisation mondiale de la santé. Les études analysées rapportent notamment une résistance médiane d’Escherichia coli de 90,9 % à l’amoxicilline, de 64 % à l’amoxicilline-acide clavulanique et de 56 % au cotrimoxazole. Chez Acinetobacter baumannii, la résistance à l’imipénem atteint 74,5 %, un résultat préoccupant pour les infections hospitalières sévères, notamment en réanimation.

Les chercheurs précisent toutefois que ces chiffres proviennent d’études scientifiques réalisées dans différents établissements de santé et ne constituent pas des données nationales de surveillance. Ils reflètent néanmoins une tendance préoccupante qui appelle à renforcer les capacités diagnostiques et les programmes de bon usage des antibiotiques.

Les auteurs estiment que la lutte contre l’antibiorésistance passe par un renforcement des laboratoires de microbiologie, une meilleure surveillance des bactéries résistantes, l’amélioration des mesures de prévention des infections et le déploiement de programmes d’antibiogouvernance dans les établissements de santé.

Ils plaident également pour une approche « One Health », intégrant la santé humaine, animale et environnementale, afin de préserver l’efficacité des antibiotiques et limiter l’émergence de nouvelles résistances.

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