1er Congrès de la SMRS : le Pr Sair dresse le bilan de deux années de chirurgie robotique au Maroc

Organisé les 19 et 20 juin à Casablanca, le premier Congrès international de la Société Marocaine de la Robotique en Santé (SMRS) a réuni des experts marocains et internationaux autour des enjeux de la chirurgie robotique. À cette occasion, le Pr Khalid Sair est revenu auprès de Santé Mag sur les progrès enregistrés au Maroc dans ce domaine.

En marge de cette première édition, tenue à l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé (UM6SS), le Pr Khalid Sair, président de la SMRS et Directeur Général du Pôle Soins de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS), nous a livré son analyse de l’évolution de la chirurgie robotique dans le Royaume.

Selon lui, ce congrès constitue une opportunité pour dresser un état des lieux de l’intégration de cette technologie dans les secteurs public, privé et militaire, ainsi qu’au sein des centres hospitaliers universitaires.

Une demande croissante en formation

« Ce premier congrès marque deux années d’appropriation de la chirurgie robotique au Maroc », nous a indiqué le Pr Khalid Sair. Selon lui, l’essor de cette discipline s’est rapidement accompagné d’un besoin important en formation. « Pour pratiquer la chirurgie robotique, il faut déjà être un bon chirurgien avant d’acquérir des compétences spécifiques en robotique », nous a-t-il expliqué.

Afin d’accompagner cette dynamique, une école dédiée à la chirurgie robotique a été mise en place au sein de l’UM6SS, à savoir la Mohammed VI Interventional Simulation and Robotic Surgery School (M6-ISRSS).

« Nous avons créé cette école pour former aussi bien les chirurgiens que les infirmiers de bloc opératoire », nous a-t-il précisé, soulignant le succès rencontré par cette initiative, qui en est déjà à sa cinquième édition. Le programme du congrès consacre d’ailleurs plusieurs sessions aux enjeux de la formation, de la simulation et du développement des compétences.

Une expertise construite avec des partenaires internationaux

Pour structurer cette offre de formation, la SMRS s’est appuyée sur l’expertise de partenaires étrangers. « Nous avons fait appel à des experts internationaux, notamment une équipe française de l’Université de Lille, qui nous a accompagnés dans la mise en place de cette école de chirurgie robotique », nous a confié le Pr Khalid Sair.

Les premiers mois ont principalement été consacrés à l’élaboration des programmes pédagogiques et à la structuration de l’écosystème, a-t-il rappelé. « C’était long et difficile à mettre en place, mais très rapidement, la courbe a pris une allure exponentielle. Aujourd’hui, tout le monde veut faire de la robotique », a-t-il souligné auprès de Santé Mag.

Privilégier les interventions complexes

Pour le président de la SMRS, l’infrastructure nécessaire est désormais en place et les professionnels de santé manifestent un intérêt croissant pour cette technologie. Toutefois, il insiste sur la nécessité d’un recours raisonné à la chirurgie robotique.

« La robotique n’est pas venue remplacer l’ensemble des techniques chirurgicales. Il faut respecter les indications et privilégier cette technologie pour les interventions complexes », nous a-t-il assuré.

Selon le Pr Khalid Sair, la chirurgie oncologique figure aujourd’hui parmi les domaines où la valeur ajoutée de la robotique est la plus importante, notamment pour la prise en charge de situations complexes nécessitant une grande précision chirurgicale.

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