Une équipe de chercheurs a mis en évidence les effets neurotoxiques du chlorpyrifos, un pesticide largement utilisé en agriculture, ainsi que le rôle potentiellement protecteur de la caféine contre les altérations cérébrales induites par cette substance. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans l’Egyptian Journal of Basic and Applied Sciences.
Parmi les auteurs de cette étude figure le Dr Hala Harifi, docteure en physiologie, toxicologie et santé à l’Université Ibn Tofaïl. Les travaux se sont intéressés aux conséquences d’une exposition au chlorpyrifos chez des rats Wistar mâles. Cet insecticide organophosphoré demeure largement utilisé dans plusieurs régions agricoles, notamment dans la région du Gharb. Plusieurs études ont déjà associé cette molécule à des troubles neurologiques, à des déficits cognitifs et à des perturbations comportementales.
Dans le cadre de ces travaux, les animaux ont reçu quotidiennement du chlorpyrifos à la dose de 20 mg/kg pendant quinze jours. Un autre groupe a reçu simultanément de la caféine à raison de 40 mg/kg/jour. Les chercheurs ont ensuite évalué la mémoire, les capacités d’apprentissage, les comportements anxieux et dépressifs, ainsi que plusieurs marqueurs du stress oxydatif au niveau cérébral.
Les résultats montrent que l’exposition au chlorpyrifos a provoqué une altération significative des fonctions cognitives. Les rats exposés ont présenté une diminution des performances de mémoire dans les tests de reconnaissance d’objet et dans le labyrinthe en Y, ainsi qu’une baisse des capacités d’apprentissage.
Les animaux ont également développé davantage de comportements anxieux et dépressifs, notamment lors des tests de nage forcée et du labyrinthe en croix surélevé. Parallèlement, les analyses biochimiques ont mis en évidence une augmentation importante du stress oxydatif cérébral.
À l’inverse, l’administration concomitante de caféine a permis d’améliorer plusieurs paramètres comportementaux et cognitifs. Les chercheurs ont observé une amélioration significative des performances mnésiques, une réduction des comportements anxieux et dépressifs ainsi qu’une atténuation des marqueurs du stress oxydatif.
Selon les auteurs, les propriétés antioxydantes et neuromodulatrices de la caféine pourraient contribuer à limiter les dommages induits par le chlorpyrifos. Les chercheurs soulignent toutefois que ces résultats, obtenus chez l’animal, nécessitent des investigations complémentaires avant toute extrapolation à l’être humain.

