Le ministère de la Santé et de la Protection sociale (MSPS) lance une nouvelle étude nationale sur la stigmatisation et la discrimination subies par les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Baptisée « Stigma-Index 2.0 », cette enquête vise à évaluer, à partir du vécu des personnes concernées, l’ampleur des préjugés et des obstacles auxquels elles font face dans l’accès aux soins.
Réalisée avec l’appui du bureau de l’Onusida et financée dans le cadre de la subvention du Fonds Mondial Maroc, cette étude permettra de disposer de données actualisées et représentatives du contexte national. Les résultats attendus devraient orienter les politiques publiques et les actions de sensibilisation pour une prise en charge plus équitable et respectueuse des droits humains.
La stigmatisation liée au VIH demeure un frein majeur à la prévention et au traitement. Elle alimente la peur, retarde le dépistage et compromet l’adhésion thérapeutique. C’est pourquoi son éradication figure parmi les priorités du Plan stratégique national intégré 2024-2030 de lutte contre le VIH, les infections sexuellement transmissibles (IST) et les hépatites virales. Ce plan intègre une approche transversale basée sur le respect des droits et la lutte contre les discriminations.
Cette enquête marque la troisième édition du Stigma-Index au Maroc, après celles menées en 2016 et 2021. Selon le rapport national 2024 du ministère, le pays compte environ 23 000 personnes vivant avec le VIH, dont 970 nouvelles infections et 390 décès enregistrés fin 2023. La transmission sexuelle reste prédominante (plus de 95 % des cas), avec une concentration marquée dans les régions de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Souss-Massa et Rabat-Salé-Kénitra.

