Movember remet chaque année la santé masculine au centre du débat. Parmi les sujets encore peu abordés, les troubles sexuels restent l’un des plus fréquents et des plus méconnus. Santé Mag a échangé avec le Pr Youness Ahallal autour de l’impuissance, de l’éjaculation précoce et des raisons qui poussent encore de nombreux hommes à ne pas consulter.
Au Maroc, près d’un homme sur deux après 40 ans connaît un trouble érectile au cours de sa vie. Malgré cette fréquence élevée, beaucoup hésitent encore à en parler, souvent par gêne ou par peur de remettre en cause leur virilité. Pour le Pr Ahallal, ces troubles doivent pourtant être considérés comme des signaux médicaux, au même titre que le diabète ou l’hypertension.
Entre maladies chroniques et stress
L’impuissance trouve fréquemment son origine dans des maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension ou l’hypercholestérolémie. Certains médicaments peuvent également jouer un rôle. Le stress, l’anxiété de performance et les tensions au sein du couple contribuent aussi à l’apparition de ces troubles. L’éjaculation précoces est souvent liée à une hypersensibilité ou à un terrain psychologique fragilisé, ce qui rend le diagnostic plus complexe.
Repérer l’origine : psychologique ou organique ?
Certains éléments permettent d’orienter rapidement le diagnostic. Les troubles organiques apparaissent généralement de façon progressive et s’accompagnent d’autres signes cliniques. À l’inverse, les troubles psychologiques débutent plus brutalement, dans des contextes précis, avec le maintien des érections nocturnes. Un bilan médical simple suffit dans la plupart des cas pour différencier ces deux profils et adapter la prise en charge.
Des solutions et des tabous
Les prises en charge ont beaucoup progressé ces dernières années. Les médecins disposent aujourd’hui de nouvelles molécules, de thérapies combinées, des ondes de choc ou encore d’approches centrées sur le couple. Malgré ces avancées, beaucoup d’hommes préfèrent encore le silence. « La performance reste associée à la virilité », rappelle le Pr Ahallal. Pour faire évoluer les comportements, il devient essentiel d’encourager la parole, d’informer et de rappeler que ces troubles se soignent efficacement.
Cet échange mené dans le cadre de Movember souligne l’importance de normaliser la santé sexuelle masculine. Les troubles sexuels ne doivent plus être vécus comme un échec, mais comme des situations médicales qui méritent écoute, diagnostic et traitement.

