Un nouveau variant de la grippe, surnommé « super-grippe », circule activement dans l’hémisphère Nord. Le Maroc en ressent déjà les premiers effets, avec une hausse inhabituelle des syndromes grippaux dès la mi-novembre. Cette progression précoce intrigue, mais elle s’explique par l’évolution récente du virus.
D’après les explications du Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques de santé, ce variant appartient à la souche A(H3N2). Il a accumulé sept mutations au cours de l’été 2025, donnant naissance au « sous-clade K ».
Cette nouvelle version du virus contourne plus facilement l’immunité développée contre les souches précédentes. Identifié d’abord au Japon, il s’est ensuite propagé en Amérique du Nord et en Europe avant d’atteindre d’autres pays de l’hémisphère Nord. Dans un échange avec Santé Mag, le Dr Hamdi précise que cette évolution génétique explique en grande partie la dynamique inhabituelle observée cette saison.
Une circulation rapide et un risque accru de formes sévères
Le Dr Hamdi souligne que ce variant se diffuse plus rapidement que ceux observés les années passées. Les premiers cas sont apparus chez les adolescents et les jeunes adultes avant de s’étendre à l’ensemble de la population. La virulence de H3N2, combinée à ces nouvelles mutations, crée un risque plus élevé de formes graves durant cette saison.
Au Maroc, les médecins relèvent une hausse précoce des cas grippaux. Cette évolution laisse présager une vague plus intense dans les semaines à venir. Les complications pourraient augmenter chez les personnes vulnérables : seniors, enfants de moins de cinq ans, patients souffrant de maladies chroniques, femmes enceintes et personnes immunodéprimées. Le Dr Hamdi estime que cette situation pourrait mettre le système de santé sous tension, tout en provoquant davantage d’absences dans les milieux scolaires et professionnels.
Des symptômes connus, mais à surveiller avec attention
Le vaccin de la saison 2025-2026 ne contient pas la nouvelle souche. Malgré cela, les données recueillies au Royaume-Uni montrent qu’il réduit encore le risque de formes graves. Le Dr Hamdi recommande donc de se faire vacciner rapidement, surtout pour les personnes à risque. Il rappelle que deux semaines sont nécessaires pour que la protection vaccinale soit pleinement efficace.
Le nouveau variant provoque des signes similaires à ceux de la grippe saisonnière : fièvre élevée, frissons, douleurs musculaires, maux de tête, toux sèche et parfois troubles digestifs. Toute aggravation, notamment respiratoire, doit inciter à consulter, surtout chez les groupes vulnérables.
La prévention reste de mise
La vaccination reste la principale mesure de protection. Toutefois, d’autres gestes s’avèrent indispensables : rester chez soi en cas de symptômes, limiter les contacts avec les personnes fragiles, se laver fréquemment les mains, aérer régulièrement les pièces et porter un masque si nécessaire. Selon le Dr Hamdi, ces mesures simples peuvent réduire la transmission et freiner la progression du virus.

