Un mémorandum d’entente a été signé entre le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Rabat et l’Association pour le Développement du Centre pour l’Innovation en e-Santé (CIeS).
L’accord porte sur le développement d’outils numériques dédiés à la santé sexuelle et reproductive, dans l’objectif de renforcer l’accès aux soins et à l’information, notamment pour les populations les plus vulnérables.
La signature officielle s’est tenue au siège de l’OMS, en présence de Mariam Bigdeli, représentante de l’organisation au Maroc, et d’Anass Doukkali, président du CIeS. Cette collaboration s’inscrit dans une volonté commune de mobiliser la technologie au service d’une meilleure autonomie des individus face à leur santé.
Vers une meilleure autonomie grâce aux outils numériques
Le partenariat prévoit la mise en œuvre de solutions favorisant les pratiques dites d’« autosoins », c’est-à-dire des interventions de santé que les personnes peuvent mener de manière autonome, sans encadrement médical direct. Cela inclut notamment l’accès à des informations fiables, des outils de diagnostic précoce ou encore des plateformes de conseil et d’orientation.
L’ambition affichée est de permettre à chacun·e, en particulier les jeunes et les femmes, de mieux prendre en main leur santé sexuelle et reproductive dans un cadre sécurisé et confidentiel. Ce type d’approche, déjà promu par l’OMS dans plusieurs pays, permet de dépasser certaines barrières liées à la stigmatisation, à la méconnaissance ou à la difficulté d’accès aux structures de soins.
Le CIeS, acteur clé du déploiement
Centre de recherche, de formation et d’expérimentation, le CIeS jouera un rôle opérationnel dans la conception et l’adaptation de ces outils au contexte marocain. L’association assurera également le développement de compétences locales dans le domaine de la e-santé, en lien avec les priorités nationales.
Le projet entend capitaliser sur les expériences déjà menées dans d’autres champs de la santé numérique, tout en apportant des réponses concrètes à des problématiques persistantes : faible accès à l’information dans certaines zones, manque de confidentialité dans les services, ou encore difficulté à joindre un professionnel de santé dans des délais raisonnables.
Une vision partagée pour une santé inclusive
Le choix de la santé sexuelle et reproductive n’est pas anodin. Ce domaine reste particulièrement sensible dans le contexte marocain, tant sur le plan culturel que médical. Selon plusieurs études, les jeunes sont souvent peu informés, et les femmes font face à de nombreuses difficultés d’accès aux services, notamment en milieu rural.
L’OMS rappelle que la santé sexuelle est un droit fondamental, au même titre que l’accès aux soins de base. Le numérique, s’il est bien encadré, peut aider à combler les lacunes actuelles, à condition de s’intégrer dans une approche respectueuse des droits humains et des normes de santé publique.
Ce partenariat s’inscrit dans les grandes lignes de la stratégie nationale de santé numérique, ainsi que dans la vision de l’OMS pour une santé plus inclusive et équitable. Il s’agit aussi d’un prolongement des réformes structurelles en cours dans le système de santé marocain, axées sur la régionalisation, la digitalisation et la couverture universelle.
Pour le CIeS et l’OMS, cette initiative constitue une première étape dans une collaboration plus large, appelée à s’étendre à d’autres thématiques liées à l’e-santé. Au-delà du volet technologique, le projet vise à encourager une nouvelle culture de santé, fondée sur l’autonomie, la prévention, et l’accès équitable à l’information.
À terme, ces outils numériques pourraient être intégrés dans les dispositifs nationaux de santé, en appui aux professionnels et aux institutions, avec l’objectif de renforcer l’efficacité des parcours de soins et la qualité de vie des patients.

