Le ministre de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), Amine Tehraoui, a présenté, lundi 27 octobre 2025, devant la Chambre des Représentants, le bilan du Programme de réduction des disparités spatiales et sociales en milieu rural. Ce programme, lancé en 2017, constitue l’un des piliers de la réforme du système national de santé.
Le ministre a indiqué que 1.816 projets de santé ont été programmés dans le cadre de ce plan, pour un investissement global de 1,7 milliard de dirhams. Ces chantiers portent sur la construction, la réhabilitation et l’équipement d’établissements sanitaires dans les zones rurales et éloignées.
À ce jour, près de 80 % des projets de construction sont achevés, tandis qu’une centaine de chantiers restent en cours. Concernant la réhabilitation, 706 centres ont déjà été rénovés et 190 autres sont en phase finale. Le ministère signale également la livraison de 95 % des unités mobiles et ambulances, un dispositif essentiel pour renforcer la santé de proximité et l’accès rapide aux soins.
Des structures de soins mieux réparties
Les investissements réalisés ont permis l’ouverture de neuf hôpitaux de proximité, notamment à Figuig, M’Hamid, Jorf El Melha et Safi, ainsi que la mise à niveau de plusieurs centres de santé dans les régions de Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra, Marrakech-Safi et Drâa-Tafilalet. Ces infrastructures améliorent l’accès aux soins de base, réduisent les déplacements vers les grands centres urbains et contribuent à la justice territoriale en matière de santé.
Malgré ces avancées, le ministre a reconnu que certains projets connaissent des retards techniques, liés aux raccordements électriques, à l’eau ou à la logistique. Des mesures de suivi ont été engagées pour accélérer la mise en service des établissements encore en attente.
Un levier essentiel du chantier royal de la protection sociale
Amine Tehraoui a rappelé que cette politique s’inscrit dans le cadre des Hautes Orientations Royales, qui visent à garantir une couverture sanitaire équitable sur l’ensemble du territoire. La réforme actuelle repose sur trois piliers : la modernisation des infrastructures, le renforcement des ressources humaines et la digitalisation des services.
L’objectif est clair : construire un système de santé plus efficace, résilient et solidaire, capable de répondre aux besoins des citoyens, en particulier dans les zones à faible densité médicale.
Réforme du cadre légal de l’AMO
En parallèle à cette présentation, la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des Représentants a tenu une réunion de travail présidée par Hamid Nougou, en présence du ministre de la Santé.
Les discussions ont porté sur le projet de loi n°54.23, qui modifie et complète la loi n°65.00 relative à l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO).
Ce texte, transmis par la Chambre des conseillers, vise à adapter le cadre juridique à la généralisation de la protection sociale et à harmoniser les régimes de couverture. Il introduit également de nouvelles dispositions spécifiques pour améliorer la gestion du système et garantir la pérennité financière des caisses.
Cette réforme législative complète le volet infrastructurel du ministère et marque une nouvelle étape dans la refondation du système national de santé, conciliant gouvernance, équité et durabilité.

