Le Maroc entame une étape importante dans la digitalisation de son système de santé avec l’introduction progressive de la feuille de soins électronique (FSE). Prévue pour être généralisée en 2026, cette réforme ambitionne de remplacer les feuilles papier traditionnelles par un format numérique sécurisé, simplifiant le traitement des remboursements et améliorant la traçabilité des actes médicaux.
Selon des informations obtenues par Santé Mag auprès d’une source professionnelle proche du dossier, une phase pilote sera d’abord menée à Kénitra. Elle s’accompagnera de sessions régionales de sensibilisation, destinées à préparer les professionnels de santé à cette transition vers le numérique. Ces rencontres viseront à adapter les usages aux réalités des cabinets médicaux, encore inégalement numérisés, et à répondre aux besoins techniques des praticiens.
Ce projet a fait l’objet d’une réunion de travail tenue le 9 octobre 2025, réunissant des représentants de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), de la société Netopia, en charge du développement technique du système, et du Collège Syndical National des Médecins Spécialistes Privés (CSNMSP). Les discussions ont porté sur les modalités de déploiement de la FSE et les adaptations à prévoir selon les niveaux d’équipement des cabinets.
Données, sécurité et accompagnement
La feuille de soins électronique permettra la transmission directe des données de consultation à la CNSS, soit via une plateforme d’inscription sécurisée, soit par l’intermédiaire du logiciel utilisé par le médecin, à condition qu’il soit compatible. Le patient sera notifié à chaque étape, renforçant ainsi la transparence du parcours administratif.
Toujours selon notre source, cette réforme s’inscrit dans une démarche plus large de digitalisation, incluant le futur dossier patient partagé (DPP), qui sera accessible via les mêmes identifiants que la FSE. La question du consentement du patient reste au cœur du dispositif, notamment en matière de confidentialité et de contrôle des données de santé.
Le CSNMSP, partie prenante du projet, a proposé plusieurs mesures pour accompagner cette transition numérique. Il recommande notamment une prise en charge partielle des frais par la CNSS, à l’image de ce qui se fait en France, ainsi qu’un appui à l’équipement informatique des cabinets. L’objectif est de garantir une adoption équitable et efficace sur l’ensemble du territoire.

