Santé mentale des seniors : un enjeu mondial qui interpelle aussi le Maroc

Avec le vieillissement accéléré de la population mondiale, la santé mentale des personnes âgées devient une priorité de santé publique. D’ici 2030, une personne sur six aura 60 ans ou plus. Cette tranche d’âge est particulièrement exposée aux troubles mentaux, souvent liés à l’isolement, au déclin physique ou à la perte d’autonomie.

Selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 14 % des adultes de plus de 70 ans vivent avec une pathologie mentale, principalement la dépression et l’anxiété.

Les risques psychosociaux s’intensifient avec l’âge. La solitude, l’exclusion sociale ou encore les violences, parfois exercées par les aidants eux-mêmes, peuvent déclencher des états dépressifs sévères.

Environ un adulte âgé sur six serait victime d’un abus. Le danger est d’autant plus grand chez les personnes vivant seules ou atteintes de maladies chroniques comme le cancer, les troubles cognitifs ou la dépendance.

L’OMS plaide pour un vieillissement en bonne santé mentale

Face à ces constats, l’OMS recommande des actions concrètes : création d’environnements sûrs et inclusifs, programmes de soutien aux aidants, accès équitable aux soins psychologiques, et lutte contre l’âgisme.

L’organisation insiste sur la nécessité de favoriser les interactions sociales, l’activité physique, la stimulation cognitive et les liens intergénérationnels. Des initiatives comme les groupes de parole, les programmes de bénévolat ou les services de soutien à domicile ont prouvé leur efficacité.

Au Maroc, une prise de conscience encore timide

Le Maroc n’échappe pas à cette réalité. Les estimations suggèrent que plus de 35 % des personnes âgées présentent des signes de dépression, souvent non diagnostiqués. Le manque de spécialistes en santé mentale, notamment en zones rurales, freine l’accès aux soins.

Les structures d’accueil dédiées aux seniors en souffrance psychique restent insuffisantes, tout comme les politiques publiques ciblées. En l’absence d’une stratégie nationale coordonnée, ce sont les associations locales qui tentent tant bien que mal de combler les lacunes, sans moyens suffisants.

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