Le ministre de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), Amine Tehraoui, a présenté devant la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants un état des lieux du système de santé marocain, dans la soirée du 1er octobre. Si le pays investit massivement dans les infrastructures hospitalières, il doit encore relever un défi majeur : le manque de médecins et de personnels de santé.
Selon Amine Tehraoui, le déficit en ressources humaines demeure « le véritable obstacle » à l’amélioration des services de santé. Les procédures lourdes, les salaires non compétitifs et la faiblesse des infrastructures rendent difficile le retour des médecins marocains exerçant à l’étranger et limitent l’attractivité pour les praticiens étrangers. Depuis la mise en place du dispositif d’intégration, seuls 600 médecins ont été recrutés, dont quelques-uns venus de Chine ou du Congo-Brazzaville.
Pour répondre à ce manque, le ministère mise sur l’élargissement de l’offre de formation. En 2025, 6.500 nouveaux postes seront créés, portant les effectifs à près de 59.000 professionnels de santé, contre 45.000 en 2019. Le ministre insiste sur la nécessité d’augmenter le nombre de places dans les facultés de médecine et d’ouvrir de nouveaux établissements de formation.
Plus de 2.400 lits créés entre 2022 et 2025
Sur le plan des infrastructures, le ministre a rappelé que 22 projets hospitaliers ont été réalisés entre 2022 et 2025, offrant une capacité supplémentaire de 2.433 lits. Ces réalisations concernent plusieurs régions, avec des établissements comme le centre hospitalier provincial d’Al-Hoceïma (250 lits), l’hôpital provincial de Kénitra (450 lits) ou encore l’extension de l’hôpital régional d’Errachidia (160 lits).
Pour la période 2025-2026, 24 projets sont en cours, représentant 2.273 lits supplémentaires. À l’horizon 2027, 20 nouveaux projets viendront s’ajouter, pour une capacité estimée à 2 430 lits.
Sept nouveaux CHU en chantier
En parallèle, le Maroc déploie un programme ambitieux de construction de centres hospitaliers universitaires (CHU). Le CHU Mohammed VI de Tanger est déjà opérationnel avec 797 lits. Celui d’Agadir (867 lits) est en cours de réalisation, tandis que Laâyoune (500 lits) et Rabat avec le nouveau CHU Ibn Sina (1 044 lits) suivront en 2025 et 2026.
D’autres projets concernent Guelmim (376 lits), Errachidia (500 lits) et Béni Mellal (520 lits), dont les ouvertures sont prévues d’ici 2027. À terme, sept régions supplémentaires disposeront d’un CHU, ce qui renforcera l’équité territoriale dans l’accès aux soins spécialisés.
Modernisation des structures locales
Le ministère a également lancé un programme de réhabilitation de 1.400 établissements de soins primaires répartis dans 76 provinces. Sur ce total, 945 centres ont déjà été rénovés et 405 sont en cours de construction, avec 50 projets supplémentaires prévus.
Cette audition parlementaire est intervenue dans un contexte de tensions sociales, marqué par des manifestations dans plusieurs villes. Des jeunes, notamment issus de la « génération Z », réclament une meilleure qualité des services publics, en particulier dans l’éducation et la santé, ainsi qu’une lutte plus efficace contre la corruption.
Amine Tehraoui a reconnu la légitimité de ces revendications et affirmé que la réforme en cours vise à répondre aux attentes des citoyens : un accès équitable à des soins de qualité, respectueux de la dignité et répartis sur l’ensemble du territoire.

