L’Organisation Mondiale de la Santé alerte sur une hausse marquée des cas de rougeole dans plusieurs régions du globe. L’agence observe des épidémies récurrentes, parfois mortelles, et estime que les efforts actuels pour freiner la maladie avancent trop lentement.
Les chiffres montrent une progression nette. En un an, environ 11 millions de personnes ont été infectées, soit 800.000 cas supplémentaires par rapport à 2019. L’OMS recense des flambées dans 59 pays. Près de 95.000 décès ont été enregistrés, touchant surtout les jeunes enfants en Afrique, mais aussi, plus ponctuellement, en Europe et aux États-Unis.
La couverture vaccinale mondiale continue d’augmenter, mais reste en dessous du seuil nécessaire pour éliminer la rougeole. En 2024, 84 % de la population ont reçu une première dose et 76 % une seconde.
L’OMS rappelle que l’objectif de 95 % de vaccination complète n’est pas atteint. La désinformation circulant sur les réseaux sociaux et la baisse des financements dédiés aux programmes de vaccination freinent les progrès.
Des décisions à revoir
Certaines décisions politiques contribuent aussi à cette stagnation, notamment la réduction de budgets consacrés au développement de vaccins et la diffusion de discours remettant en question leur sécurité.
En Europe, la Belgique illustre cette tendance. Depuis le début de l’année, 379 cas ont été confirmés dans les provinces d’Anvers et du Limbourg, principalement chez des enfants non vaccinés. En 2024, le pays avait déjà enregistré 526 infections, son plus haut niveau depuis plusieurs années, avec une forte concentration à Bruxelles. Les derniers chiffres disponibles, datant de 2020, montrent que seulement 83 % de la population avaient reçu une deuxième dose, un taux insuffisant pour bloquer la transmission.
Pour l’OMS, cette résurgence de la rougeole rappelle l’importance d’une vaccination soutenue et d’une communication claire pour contrer la désinformation. L’organisation estime que la situation actuelle reflète la fragilité des systèmes de prévention et appelle à redoubler d’efforts pour éviter une aggravation en 2025.

