Une opération de contrôle menée dans plusieurs villes du Maroc a conduit au démantèlement d’un réseau suspecté de commercialiser des produits alimentaires impropres à la consommation. L’affaire relance les inquiétudes sur la sécurité sanitaire des aliments, particulièrement durant le mois de Ramadan, période marquée par une forte consommation de denrées alimentaires.
Selon un communiqué de l’Observatoire Marocain de Protection du Consommateur (OMPC), l’intervention résulte d’une opération conjointe menée par les services de la Direction générale de la sûreté nationale, les autorités locales et les équipes de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA).
Au total, dix personnes ont été arrêtées. Elles sont soupçonnées d’avoir participé à la distribution et à la vente de produits alimentaires avariés destinés à la consommation.
Les inspections ont ciblé plusieurs établissements alimentaires, notamment des boulangeries et des commerces spécialisés dans la préparation de produits destinés à la consommation.
Les opérations ont été menées à Tanger, Larache, Meknès et Kariat Ba Mohammed. Les premières investigations indiquent que certains responsables d’établissements auraient écoulé des produits détériorés pendant la période du Ramadan.
Les équipes de contrôle ont saisi plusieurs quantités de denrées impropres à la consommation. Parmi les produits confisqués figurent 726 kilogrammes de viandes et de poissons avariés, ainsi que 384 unités de fromage périmé.
Les inspections ont également permis de découvrir des centaines de kilogrammes de pâtisseries, de viennoiseries et de desserts impropres à la consommation. Des plats cuisinés avariés ont aussi été saisis lors des contrôles.
Un appel à renforcer la surveillance sanitaire
Les contrôles ont révélé que certains établissements exerçaient sans les autorisations administratives nécessaires. D’autres menaient des activités de transformation alimentaire en dehors des normes sanitaires en vigueur.
Ces pratiques représentent un risque sanitaire important pour les consommateurs, notamment pendant les périodes de forte demande alimentaire.
Dans le cadre de l’enquête, un suspect a été placé en garde à vue sur décision du parquet compétent. Les autres personnes interpellées font l’objet d’investigations judiciaires pour déterminer leurs responsabilités.
Les autorités cherchent également à identifier d’éventuelles ramifications de ce réseau.
Pour l’OMPC cette affaire met en évidence la nécessité de renforcer les contrôles sanitaires dans les établissements alimentaires.
L’organisation souligne le risque que certains consommateurs aient acheté ces produits sans connaître leur état réel. Elle s’interroge également sur le nombre d’établissements pouvant exercer en dehors des contrôles sanitaires.
Dans ce contexte, l’Observatoire appelle les autorités à intensifier les inspections dans les boulangeries et les commerces alimentaires, notamment durant le mois de Ramadan.
L’organisation recommande aussi de renforcer les contrôles nocturnes, période durant laquelle l’activité commerciale liée à la préparation des repas augmente.
Elle invite enfin les citoyens à signaler toute denrée suspecte ou potentiellement avariée. La sécurité alimentaire repose sur une responsabilité partagée entre autorités, professionnels et consommateurs.

