Prix des médicaments : le Conseil de la concurrence recommande une réforme en profondeur

Le système de fixation des prix des médicaments au Maroc atteint ses limites. Dans un avis récent, le Conseil de la concurrence appelle à une refonte du modèle pour préserver l’équilibre du secteur et garantir l’accès aux traitements.

Le Conseil de la concurrence appelle à revoir le dispositif actuel. Dans son avis n° A/6/25, consacré à la distribution des médicaments, il souligne plusieurs déséquilibres. Adopté après délibération les 18 décembre 2025 et 26 février 2026, ce document dresse un constat clair. Le modèle actuel améliore la transparence, mais fragilise certains acteurs.

La viabilité des distributeurs se dégrade. La production locale perd en compétitivité. Le Conseil plaide pour un cadre plus adapté aux réalités économiques.

Le Conseil propose un nouveau modèle pour les grossistes répartiteurs. Il recommande une approche hybride. Cette formule associe une marge proportionnelle au prix fabricant hors taxe et un forfait fixe par unité, garantissant une rémunération minimale. Il est question de sécuriser la distribution et éviter les ruptures d’approvisionnement.

Un déséquilibre commercial préoccupant

Le Conseil recommande aussi de faire évoluer le modèle des pharmacies d’officine. Il propose un système mixte. Ce modèle combine une marge commerciale et des honoraires de dispensation. Il valorise l’acte pharmaceutique et son rôle en santé publique.

Cette évolution pourrait renforcer l’implication des pharmaciens dans le parcours de soins. Par ailleurs, le Conseil insiste sur les médicaments onéreux. Il recommande de revaloriser les marges des tranches 3 et 4. Cette mesure vise à maintenir leur disponibilité dans le circuit de distribution. Elle permet aussi de limiter les déséquilibres entre acteurs.

Le Conseil appelle à différencier les médicaments importés et ceux produits localement. Le contexte économique justifie cette approche.

En 2024, les importations dépassent 10,6 milliards de dirhams. Les exportations atteignent 1,6 milliard. Le déficit commercial atteint 9 milliards de dirhams. Ces chiffres mettent en évidence la fragilité de l’industrie pharmaceutique nationale.

Vers un système plus flexible

Le Conseil propose d’assouplir certaines règles. Les médicaments à très faible prix pourraient être exclus des révisions systématiques. Il recommande aussi de réduire la fréquence de révision des prix de cinq à trois ans. Cette mesure améliorerait la cohérence avec les marchés internationaux.

Enfin, il suggère de libéraliser les prix des médicaments non remboursables. Le marché pourrait ainsi jouer un rôle plus important.

Ces recommandations traduisent une volonté de moderniser le cadre des prix au Maroc. L’enjeu reste double, notamment garantir l’accès aux médicaments et préserver l’équilibre économique du secteur au sein du royaume.

spot_imgspot_img
0FansJ'aime
0SuiveursSuivre
22,800AbonnésS'abonner