One Health : le Pr El Hraiki alerte sur les risques zoonotiques en Afrique

Lors du premier Sommet africain consacré aux systèmes de santé à Dakhla, l’approche One Health s’est imposée comme un axe central des discussions. Pour le Pr Abdelaziz El Hraiki, directeur général de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, cette méthode intégrée n’est plus une option.

Cette approche mondiale devient, selon le Pr El Hraiki, une condition essentielle pour renforcer la capacité des pays africains à faire face aux maladies infectieuses. One Health repose sur une idée simple : la santé humaine, animale et environnementale forme un ensemble indissociable. Le Pr El Hraiki rappelle que cet équilibre est fragilisé sur le continent, où les interactions entre populations, élevages et écosystèmes sont particulièrement denses.

Des zoonoses majoritaires et un continent très exposé

Selon les données qu’il a présentées, environ 75 % des maladies infectieuses émergentes sont d’origine zoonotique. L’Afrique, qui compte plus d’un milliard d’animaux de ferme, voit une large part de sa population dépendre directement du bétail pour l’alimentation, les revenus ou le transport.
Il rappelle également que 60 % des 1.461 maladies infectieuses connues chez l’homme proviennent d’agents pathogènes circulant entre plusieurs espèces.

Ces liens étroits entre les humains, les animaux et l’environnement placent la région dans une zone à risque élevé, accentuée par les changements climatiques, la pression démographique et la mobilité accrue des populations.

Investir dans la prévention et la gouvernance intersectorielle

Pour le Pr El Hraiki, la réponse doit passer par une meilleure surveillance environnementale, un renforcement des services vétérinaires et une gouvernance coordonnée entre secteurs. Il estime que des investissements dans ces domaines permettraient d’éviter, à long terme, des pertes économiques considérables liées aux futures crises sanitaires.

Il insiste également sur l’importance de plateformes partagées, capables de relier données humaines, animales et environnementales afin de détecter plus tôt les signaux d’alerte.

One Health : l’Afrique peut devenir un modèle

Malgré les limites structurelles et les inégalités d’accès aux soins, le directeur de l’IAV Hassan II considère que le continent dispose d’atouts réels pour avancer. Il cite notamment le développement de solutions numériques, la montée en compétence des services vétérinaires et l’intérêt croissant des institutions africaines pour les approches transversales.

Les travaux du Sommet de Dakhla, ouvert le 28 novembre, placent la prévention, la souveraineté sanitaire et la préparation aux crises au centre des priorités, dans une logique de coopération régionale renforcée.

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