L’obésité prend de l’ampleur au Maroc, au point de devenir une question de santé publique urgente. Les dernières projections du World Obesity Atlas dessinent un avenir préoccupant : d’ici 2030, près d’un Marocain sur quatre pourrait être atteint d’obésité, un phénomène qui touche de plus en plus de femmes.
Le rapport, publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité, révèle que 59 % des adultes marocains présentent déjà un indice de masse corporelle supérieur au seuil du surpoids. Et les perspectives ne sont pas rassurantes : dans cinq ans, plus de 16 millions de Marocains vivront avec un excès de poids, dont une majorité de femmes.
Les conséquences sur la santé sont multiples et bien documentées. L’obésité augmente sensiblement les risques de développer un diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires ou encore certains types de cancer. En 2021, cette surcharge pondérale a contribué à plus de 16 500 décès prématurés dans le Royaume, sans compter les centaines de milliers d’années de vie marquées par la maladie.
Malgré ces chiffres, le pays ne semble pas encore avoir mis en place une stratégie nationale cohérente pour inverser la tendance. Le manque d’activité physique, en particulier, reste un point noir : entre 20 et 30 % des adultes marocains mènent une vie trop sédentaire, ce qui aggrave les effets du surpoids.
Sans plan d’action clair, le Maroc risque de voir son système de santé submergé par des pathologies évitables. Encourager l’exercice physique, rééquilibrer les habitudes alimentaires et instaurer des politiques de prévention ambitieuses apparaissent comme des leviers essentiels pour limiter l’impact de cette épidémie silencieuse.

