Néphrologie : des chercheurs proposent une révolution verte de la dialyse

La dialyse sauve chaque année des millions de patients atteints d’insuffisance rénale. Pourtant, son impact écologique reste peu discuté. Chaque séance peut consommer jusqu’à 500 litres d’eau, dans un contexte mondial de stress hydrique croissant.

Dans un article publié en janvier 2026 dans l’Indian Journal of Nephrology, plusieurs chercheurs, dont le Dr Faissal Tarrass, néphrologue et coauteur de l’étude, plaident pour un changement profond du modèle actuel. Ils proposent de reconsidérer le dialysat usé, ce liquide rejeté après chaque séance, comme une ressource exploitable.

Aujourd’hui, ce fluide est classé comme déchet médical. Pourtant, il contient de l’eau, des sels minéraux, de la chaleur et des nutriments. Des technologies déjà disponibles permettraient de recycler ces éléments, tout en réduisant la consommation énergétique des centres de dialyse.

Les auteurs alertent aussi sur les risques environnementaux des rejets actuels. Certains effluents peuvent contenir des résidus chimiques, des microplastiques ou des gènes de résistance aux antibiotiques. Leur dispersion dans l’environnement pourrait aggraver des déséquilibres déjà existants.

Selon le Dr Tarrass et ses collègues, les freins ne sont plus techniques, mais institutionnels. Ils appellent à des projets pilotes, à des cadres réglementaires adaptés et à un soutien public ciblé. Leur objectif est d’inscrire la dialyse dans une logique de santé durable, sans compromis sur la qualité des soins.

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