La Fédération marocaine des droits du consommateur alerte sur les dérives du marché du médicament. L’organisation estime que la régulation actuelle ne suffit plus à garantir la sécurité des patients ni la transparence dans la distribution des produits pharmaceutiques.
Dans une note, la FMDC appelle à des mesures plus concrètes pour protéger les citoyens et restaurer la confiance dans le système de santé. Depuis plusieurs mois, le secteur pharmaceutique fait l’objet d’un suivi renforcé.
Le ministère de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS) a engagé différentes actions pour mieux encadrer la traçabilité et la distribution des médicaments. Mais les associations de consommateurs estiment que ces efforts doivent s’accompagner d’une participation active du public et d’une meilleure circulation de l’information.
La Fédération plaide pour la création d’un répertoire national des médicaments génériques, accessible à tous, et pour un contrôle rigoureux des importations et des ventes. Elle insiste sur la nécessité d’informer le citoyen sur la composition, la provenance et les prix des médicaments afin de garantir un choix éclairé et responsable.
Un appel à un meilleur encadrement du marché
Sur le terrain, les défenseurs des consommateurs dénoncent plusieurs pratiques à risque : absence de pharmaciens dans certaines officines, substitutions de traitements sans validation médicale, ou encore écarts de prix injustifiés. Ces situations fragilisent la confiance entre patients et professionnels, tout en exposant les plus vulnérables à des dangers évitables.
Les associations soulignent également l’importance de soutenir l’industrie pharmaceutique locale, considérée comme un levier stratégique pour renforcer l’autonomie sanitaire du pays. Miser sur la production nationale, l’innovation et le contrôle qualité permettrait de réduire la dépendance extérieure et de maintenir des coûts accessibles.
Le débat dépasse la seule question du marché. Il pose celle du droit fondamental à la santé et de l’équilibre entre rentabilité économique et protection du patient. Les acteurs du secteur appellent à une gouvernance plus claire, fondée sur la transparence, la responsabilité et la confiance. Le Maroc se trouve à un tournant où l’encadrement du médicament devient un enjeu central de souveraineté sanitaire.

