Médicaments : Amine Tehraoui clarifie les achats publics et la politique pharmaceutique

Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), a défendu devant la Commission des secteurs sociaux du Parlement, ce 17 novembre, la transparence des achats publics et la solidité du cadre réglementaire qui encadre la politique du médicament.

Le ministre a rappelé que sa présence répond à une démarche volontaire, motivée par le respect du rôle constitutionnel de contrôle et par la volonté d’exposer les faits avec clarté.

Dès l’ouverture de son intervention, Tehraoui a insisté sur la nécessité d’un débat institutionnel apaisé autour des marchés publics et des autorisations pharmaceutiques. Il a affirmé que la commission reste l’espace naturel pour examiner les accusations de conflit d’intérêts et pour discuter des procédures encadrant les produits de santé.

Il a également rappelé que la réforme de la santé constitue un pilier de l’État social, et qu’elle exige un discours responsable, loin des surenchères.

Clarifications sur les conflits d’intérêts

Amine Tehraoui a assuré que toutes les commandes de médicaments passent par le code des marchés publics. Les appels d’offres sont publiés sur la plateforme nationale et contrôlés par le ministère des Finances. Il a souligné que ce cadre rend impossible toute décision individuelle dans l’attribution des marchés.

À propos de la polémique sur le potassium, il a précisé que le marché a été attribué à un fabricant marocain, après un appel d’offres strict, et non à un importateur disposant d’un permis provisoire, comme avancé dans certains discours.

Le ministre a rappelé que les contrats de l’État concernent des entreprises commerciales, non des personnes physiques. Selon lui, la régulation du conflit d’intérêts doit relever d’un cadre législatif transversal. Il a estimé que le Parlement reste la meilleure instance pour concevoir ce dispositif. Il a assuré que son administration applique les lois actuelles de manière uniforme, sans exception ni interprétation sélective.

Une réforme profonde du système d’autorisation

Amine Tehraoui a rappelé que l’ancien système d’autorisation des médicaments avait été pointé du doigt par deux missions parlementaires en 2015 et 2021. Ces rapports avaient mis en évidence des failles structurelles et recommandé la création d’un organisme indépendant chargé des médicaments.

Le gouvernement a donné suite à ces conclusions en créant l’Agence nationale des médicaments et des produits de santé, prévue par la loi 22.10. La nomination royale de son directeur général confirme, selon le ministre, la portée stratégique de cette agence pour la souveraineté pharmaceutique et la disponibilité continue des produits vitaux.

La nouvelle agence aura pour mission de porter la stratégie nationale, de garantir la sécurité des patients et de moderniser la gestion des autorisations. Amine Tehraoui a conclu en laissant la parole au directeur général de l’Agence pour présenter les aspects techniques du dossier, conformément à ses attributions.

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