Marché du médicament : le Conseil de la concurrence alerte sur la fragilité des pharmacies

Le Conseil de la concurrence a présenté, ce 10 mars à Rabat, les conclusions de son analyse sur la distribution des médicaments au Maroc. Cette rencontre avec la presse a permis de dévoiler les principales tendances économiques du secteur pharmaceutique.

Le président du Conseil, Ahmed Rahhou, a détaillé les résultats du rapport consacré à la structure du marché et aux conditions de concurrence dans la chaîne de distribution. Les discussions ont également porté sur les difficultés économiques auxquelles font face de nombreuses pharmacies.

Selon les données présentées, près de 4.000 pharmacies pourraient être menacées de faillite si la situation actuelle se poursuit. Le Conseil souligne que la rentabilité des officines s’affaiblit dans un contexte marqué par une consommation de médicaments relativement faible.

Au Maroc, la dépense moyenne annuelle en médicaments atteint environ 640 dirhams par habitant, selon les données de 2024. Ce niveau reste inférieur à celui observé dans plusieurs pays. La dépense dépasse 1 200 dirhams en Tunisie et plus de 5.000 dirhams dans plusieurs pays européens.

Cette situation limite les revenus des pharmacies, alors que les coûts de fonctionnement continuent d’augmenter.

Un modèle économique centré sur la marge des médicaments

Le système de distribution repose essentiellement sur la marge commerciale appliquée au prix fabricant hors taxes (PFHT). Ce mécanisme constitue la principale source de revenus des pharmacies.

Le cadre actuel ne prévoit toutefois pas de rémunération spécifique pour certains services pharmaceutiques. Parmi eux figurent le conseil aux patients, la prévention ou l’orientation dans le parcours de soins.

Le rapport indique que le Maroc compte 14.134 pharmacies, pour 14.191 pharmaciens inscrits. La densité nationale atteint environ 38,4 pharmacies pour 100.000 habitants.

La réglementation repose sur un principe d’exclusivité. La propriété et la gestion d’une pharmacie sont réservées aux pharmaciens. L’ouverture d’une officine nécessite une autorisation administrative délivrée par les autorités locales.

Un secteur qui appelle des réformes

La réglementation impose plusieurs conditions pour l’ouverture d’une pharmacie. Une distance minimale de 300 mètres doit être respectée entre deux officines. La pharmacie doit également être dirigée par un pharmacien titulaire inscrit à l’ordre professionnel. Les titulaires doivent assurer les gardes et respecter les horaires réglementaires afin de garantir la continuité du service.

Par ailleurs, le Conseil de la concurrence estime que le marché du médicament fait face à des défis structurels importants. L’institution plaide pour des réformes progressives afin de renforcer l’équilibre du secteur et améliorer son fonctionnement.

Ces évolutions pourraient soutenir la viabilité économique des pharmacies tout en améliorant la qualité des services pharmaceutiques proposés aux citoyens.

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