Maladies non transmissibles : l’OMS tire la sonnette d’alarme au Maroc

Les maladies non transmissibles, comme le diabète, le cancer ou les maladies cardiovasculaires, représentent 85 % des décès au Maroc, selon de récentes données révélées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Parmi les personnes âgées de 30 à 70 ans, elles causent près d’un quart des décès enregistrés chaque année au sein du Royaume.

Une enquête nationale, menée en 2017-2018 auprès des adultes marocains, révèle une situation inquiétante. Près de 94 % des sondés présentent au moins un facteur de risque. Le tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité et le surpoids sont les plus fréquents. Plus de la moitié des adultes sont en surpoids, et 20 % sont obèses.

Cette crise sanitaire pèse lourd sur le système de santé. Quatre maladies chroniques absorbent à elles seules plus de 70 % des dépenses liées aux affections de longue durée. Pendant ce temps, le Maroc compte à peine 1,5 professionnel de santé pour 1 000 habitants. Ce chiffre reste bien en dessous du seuil recommandé par les Nations unies.

L’OMS indique que cette situation est accentuée par le vieillissement rapide de la population. Aujourd’hui, 2,57 millions de personnes âgées vivent avec au moins une maladie chronique. Si la tendance se poursuit, ce chiffre pourrait grimper à près de 4 millions en 2030.

Face à cette réalité, le ministère de la Santé a lancé une stratégie nationale de lutte contre les maladies chroniques. Cette feuille de route 2019-2029 regroupe 25 partenaires, dont 13 ministères. Elle prévoit la construction de nouveaux centres de soins et le renforcement des services de dépistage. Des protocoles médicaux ont aussi été mis en place pour mieux encadrer les traitements.

La stratégie mise aussi sur la prévention. Elle encourage une alimentation équilibrée, la pratique du sport, la lutte contre le tabac et l’alcool. Les soins des maladies chroniques sont progressivement intégrés aux services de santé de base, pour faciliter l’accès à tous les patients.

Une mobilisation générale

Plusieurs plans complémentaires sont en cours : santé mentale, diabète, addictions, cancer. Tous partagent le même objectif : améliorer la prise en charge et limiter les complications.

Les soins palliatifs occupent désormais une place centrale dans cette vision. Plus de 160.000 Marocains ont besoin chaque année d’un accompagnement spécifique. Ces soins, centrés sur le soulagement et la dignité, sont désormais disponibles dans tous les hôpitaux universitaires et centres régionaux.

Des équipes mobiles interviennent aussi à domicile. Des formations sont proposées aux soignants et les outils d’évaluation sont alignés sur les standards de l’OMS. Cette nouvelle approche marque un tournant vers un système de santé plus humain, plus résilient et plus équitable.

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