Le Ludiomil retiré des pharmacies marocaines après une alerte sur un composant cancérogène

Le Ludiomil, un médicament prescrit dans le traitement des états dépressifs, a été officiellement retiré du marché marocain après des alertes concernant la présence d’impuretés classées comme potentiellement cancérogènes. Cette mesure intervient dans le sillage d’un retrait similaire opéré en France durant l’été 2024.

Le 27 juin 2025, l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS) a publié une décision formelle ordonnant le retrait immédiat de tous les lots commercialisés au Maroc. Le retrait concerne l’ensemble des présentations disponibles, notamment les boîtes de 25 mg (30 comprimés) et de 75 mg (20 comprimés), distribuées par le laboratoire Maphar.

L’agence a précisé que ce rappel faisait suite à la détection d’une impureté au-delà des seuils de sécurité autorisés, et a demandé aux pharmaciens d’interrompre toute délivrance, tout en appelant les patients à consulter leur médecin pour envisager une alternative thérapeutique.

L’annonce du retrait a été relayée par les pharmaciens marocains, qui confirment avoir reçu une note de l’Agence interdisant la vente des lots concernés. Selon la Confédération des syndicats de pharmaciens du Maroc, la mesure a été appliquée rapidement, avec l’arrêt immédiat de la distribution et le retour des stocks concernés aux distributeurs.

Malgré ce retrait, des inquiétudes persistent. La Fédération marocaine des droits du consommateur a récemment tiré la sonnette d’alarme, estimant que le Ludiomil circulerait encore dans certaines pharmacies. Elle appelle à une communication officielle plus large et plus claire, afin d’informer tous les patients susceptibles d’avoir encore ce médicament chez eux.

Un rappel à la vigilance

Du côté des pharmaciens, la réponse est sans ambiguïté : Ludiomil n’est plus disponible. Le médicament, classé dans la catégorie des psychotropes, ne peut de toute façon être délivré que sous des conditions strictes, avec une prescription médicale à jour et une identification formelle du patient.

Les médecins sont désormais invités à orienter leurs patients vers d’autres traitements disponibles, comme l’amitriptyline ou la mirtazapine, qui présentent un profil de sécurité mieux maîtrisé.

Cet épisode met en lumière la nécessité de renforcer les circuits de veille sanitaire, mais aussi de mieux coordonner les messages entre les autorités, les professionnels de santé et les associations de patients. Car si le médicament a bien été retiré, le doute autour de sa circulation persistante montre que l’information, elle, ne circule pas toujours aussi vite.

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