Une équipe médicale de l’Hôpital Universitaire International Cheikh Khalifa, relevant de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS), a récemment réussi une première pour le Maroc et le continent africain : une greffe rénale réalisée entre deux personnes dont les groupes sanguins ne sont pas compatibles.
Cette opération, hautement technique, représente une avancée majeure dans le domaine de la transplantation rénale. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour les patients souffrant d’insuffisance rénale chronique qui disposent d’un donneur vivant, mais qui étaient jusqu’ici exclus des protocoles de greffe en raison de leur incompatibilité immunologique.
Cette intervention est le fruit d’une coordination étroite entre plusieurs services de l’hôpital, notamment la néphrologie, l’urologie, l’hématologie, la biologie médicale, avec une implication particulière du laboratoire d’immunologie ainsi que la chirurgie vasculaire. Le Blood Center Mohammed VI a également été mobilisé dans le processus.
L’équipe a dû mettre en place un protocole spécifique de désensibilisation pour préparer le patient à recevoir un organe malgré l’incompatibilité ABO. Ce type de procédure nécessite une gestion rigoureuse du risque de rejet, avant et après la greffe, avec un suivi clinique renforcé.
Une nouvelle voie pour les patients en attente
Au Maroc, comme dans d’autres pays, de nombreux patients atteints d’insuffisance rénale sont maintenus sous dialyse pendant plusieurs années, faute de donneur compatible. Cette technique permet désormais de lever une barrière médicale qui empêchait des greffes entre proches volontaires mais jugés incompatibles.
Elle pourrait, à terme, augmenter le nombre de greffes entre vivants et raccourcir le temps d’attente, dans un contexte où le don d’organes reste encore limité, notamment en provenance de donneurs décédés.
Cette première intervient dans un contexte symbolique, à l’approche de la Fête du Trône, moment souvent associé aux bilans d’étape et aux signaux de transformation. Elle illustre la volonté de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé d’investir dans une médecine de haut niveau, appuyée sur la recherche, la coordination des expertises et l’accès aux innovations thérapeutiques.
Elle traduit aussi une ambition plus large : faire du Maroc un acteur crédible de la santé avancée sur le continent, en posant les bases d’une médecine de spécialité capable de répondre à des enjeux longtemps réservés à quelques grands centres internationaux.

