La Commission européenne a élargi, ce 30 mars, l’indication de Kerendia (finérénone), développé par Bayer. Le médicament est désormais autorisé chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque avec une fraction d’éjection ≥40 %. Cette décision s’appuie sur l’étude « FINEARTS-HF », qui montre une baisse significative des événements cardiovasculaires.
L’insuffisance cardiaque concerne des millions de patients en Europe. La moitié présente une fraction d’éjection préservée ou légèrement réduite. Ces formes restent difficiles à traiter et entraînent de nombreuses hospitalisations. Mais la dynamique ne se limite pas à l’Europe. En Corée du Sud, les cliniciens appellent à revoir les pratiques. Lors d’un récent échange à Séoul, plusieurs spécialistes ont pointé un problème récurrent : les traitements sont souvent introduits trop tard.
Dans les maladies rénales liées au diabète, la progression reste longtemps silencieuse. Les symptômes apparaissent tardivement, lorsque les atteintes sont déjà avancées. Les médecins insistent sur la détection précoce de l’albuminurie. Ce marqueur permet d’identifier les patients à risque avant la chute de la fonction rénale.
Dans ce contexte, Kerendia change de statut. D’abord utilisé en néphrologie, le traitement s’inscrit désormais dans une approche plus globale. Il cible des mécanismes communs au cœur et au rein, notamment l’inflammation et la fibrose. Les cliniciens plaident pour une introduction plus précoce, dès les premiers signaux biologiques.
Autre évolution : la montée en puissance des traitements combinés. L’association avec les inhibiteurs de SGLT-2 suscite un intérêt croissant. Les données montrent une réduction rapide de l’albuminurie et un impact potentiel sur l’évolution de la maladie. L’objectif n’est plus seulement de traiter, mais de ralentir la progression.

