Journée mondiale du rein : le Pr Benghanem insiste sur l’urgence du dépistage

À l’occasion de la Journée mondiale du rein, célébrée chaque 12 mars, le service de néphrologie du CHU Ibn Rochd de Casablanca a organisé une journée de sensibilisation. De jeunes médecins ont proposé des consultations gratuites et des check-ups aux patients venus de plusieurs régions. L’initiative visait à informer le public et à promouvoir le dépistage précoce des maladies rénales.

Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement international lancé en 2006 par la communauté néphrologique. L’objectif est clair : attirer l’attention sur les maladies rénales chroniques, encore trop souvent ignorées. « Pendant longtemps, on parlait surtout de dialyse et de greffe », explique le Pr Mohammed Benghanem Gharbi, chef du service de néphrologie du CHU Ibn Rochd. « On évoquait beaucoup moins la maladie rénale chronique elle-même », avance-t-il.

Aujourd’hui, les données montrent pourtant que ces maladies sont fréquentes. Dans certains pays, elles concernent près de 10 % de la population adulte. Au Maroc, la prévalence est estimée à environ 6,5 %. Cela représente plus d’un million de personnes vivant avec une maladie rénale chronique, souvent sans le savoir.

La gravité tient notamment au caractère silencieux de la maladie. Dans près de 40 % des cas, aucun symptôme n’apparaît aux premiers stades. L’atteinte rénale progresse alors lentement, jusqu’à un stade terminal nécessitant dialyse ou transplantation. « Beaucoup de patients découvrent la maladie tardivement, parfois dans un contexte d’urgence », souligne le Pr Benghanem Gharbi.

Les conséquences dépassent la seule fonction rénale. La maladie rénale chronique augmente fortement le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Elle constitue aujourd’hui l’une des principales causes de mortalité. Cette réalité renforce l’importance du dépistage précoce et de la prévention.

Les spécialistes rappellent que certaines populations présentent un risque plus élevé. Le diabète et l’hypertension artérielle représentent les deux principales causes. Les personnes âgées, celles ayant des antécédents familiaux ou des calculs urinaires doivent aussi rester vigilantes. Un simple examen d’urine et un dosage de la créatinine permettent pourtant un diagnostic précoce.

Tout au long de la journée, les jeunes médecins du CHU Ibn Rochd ont sensibilisé les participants aux gestes de prévention. Contrôle de la tension, suivi du diabète et dépistage régulier restent essentiels. Un diagnostic précoce permet souvent de ralentir l’évolution de la maladie et d’éviter la dialyse.

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