À l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre le Cancer, célébrée le 4 février, le Réseau Marocain pour la Défense du Droit à la Santé et à la Vie (RMDDSV) a dénoncé une situation préoccupante.
Le Réseau dresse un état des lieux actualisé de la situation épidémiologique et appelle à une mobilisation renforcée face à une maladie en progression.
Au Maroc, le cancer s’impose comme la deuxième cause de décès après les maladies cardiovasculaires. Chaque année, des dizaines de milliers de nouveaux cas sont diagnostiqués. La mortalité reste élevée, traduisant des retards persistants dans le dépistage et l’accès aux soins spécialisés.
Les profils varient selon le sexe. Chez les femmes, le cancer du sein arrive en tête, suivi du cancer du col de l’utérus. Chez les hommes, le cancer du poumon domine, devant celui de la prostate. Les cancers digestifs et pédiatriques complètent ce tableau.
Tabac, environnement et modes de vie en cause
Le rapport identifie plusieurs facteurs de risque majeurs. Le tabagisme demeure le principal facteur évitable, notamment pour les cancers pulmonaires. L’alimentation déséquilibrée, la sédentarité et l’augmentation de l’obésité accentuent les risques.
Les facteurs environnementaux jouent également un rôle central. Pollution industrielle, émissions urbaines et usage de substances chimiques agricoles exposent durablement certaines populations.
Des avancées sanitaires encore insuffisantes
Le RMDDSV reconnaît les progrès réalisés en matière de dépistage et de prise en charge oncologique. L’extension des programmes de prévention et l’introduction de la vaccination contre le papillomavirus constituent des avancées notables.
Cependant, les inégalités territoriales persistent. Les zones rurales et enclavées restent moins bien couvertes, tant pour le diagnostic précoce que pour l’accès aux traitements.
Face à ces constats, le rapport appelle à une approche globale. Il insiste sur la prévention, la lutte contre le tabac et la pollution, ainsi que sur le soutien aux traitements innovants et à la recherche.
Pour le Réseau, la lutte contre le cancer dépasse le cadre médical. Elle s’inscrit désormais comme un enjeu de souveraineté sanitaire et de droit fondamental à la santé.

