Journée internationale de l’infirmier : pénurie et réformes en débat

Le 12 mai, à l’occasion de la Journée internationale de l’infirmier, le Maroc met en lumière un maillon indispensable de son système de santé : les professionnels paramédicaux.

Présents dans tous les territoires, parfois dans des zones reculées ou sous-équipées, infirmiers et sages-femmes continuent d’assurer une prise en charge essentielle, malgré une pression constante sur le terrain.

Avec près de 39.000 agents paramédicaux recensés fin 2024 dans le secteur public, dont 17.000 infirmiers polyvalents et 6.400 sages-femmes, le Royaume reste en deçà des standards fixés par l’OMS. Le ratio national est estimé à 9 infirmiers pour 10.000 habitants, loin des 20 à 25 recommandés pour une couverture optimale.

Face à cette pénurie, les autorités ont amorcé une série de réformes. En 2024, une revalorisation salariale de 1.000 dirhams nets mensuels a été engagée en deux phases, dans le cadre de l’accord social du 29 avril. À cela s’ajoutent une amélioration des indemnités (garde, astreinte, permanence) et une réforme statutaire en cours, qui vise à mieux reconnaître le rôle du personnel soignant, en intégrant notamment le cadre supérieur de santé.

Ces mesures, encore timides selon les syndicats, traduisent néanmoins une volonté politique de repositionner le métier d’infirmier comme un axe central de la réforme du système de santé. Des recrutements sont prévus, appuyés par la montée en capacité des instituts de formation.

Au-delà des chiffres et des annonces, les infirmiers marocains attendent une reconnaissance concrète de leur contribution, souvent silencieuse mais constante, à la qualité des soins. À travers eux, c’est aussi la résilience du système public de santé qui s’exprime, chaque jour, au chevet des patients.

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