Le Pr Mohamed Adnaoui, président de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé (UM6SS), a ouvert la troisième édition du Forum International E-Health (IeHEALTH 2025) à Casablanca, organisée avec la FM6SS et le CIeS.
Il a souligné que la digitalisation du système de santé doit désormais passer d’initiatives dispersées à une architecture unifiée, capable de relier hôpitaux, cliniques, pharmacies et organismes d’assurance au sein d’un même environnement numérique.
Selon lui, le dossier patient unifié et la prescription électronique constituent des leviers essentiels pour fluidifier le parcours de soins. Pourtant, les systèmes utilisés dans les établissements restent souvent incompatibles, ce qui empêche la circulation des données et limite l’efficacité des outils digitaux. L’un des enjeux majeurs discutés au forum concerne donc l’interopérabilité, qui doit devenir une priorité nationale afin d’assurer une transmission continue et sécurisée des informations médicales.
Le Pr Adnaoui a également alerté sur la vulnérabilité croissante des infrastructures numériques face aux risques de cyberattaques. La protection des données médicales doit être renforcée à travers des mécanismes de sécurité robustes, en cohérence avec les exigences de la CNDP. Il rappelle que sans cybersécurité, les avancées numériques en santé restent fragiles et potentiellement risquées pour les patients.
Le président de l’UM6SS a insisté sur la nécessité d’un cadre de régulation clair pour accompagner l’intégration de l’intelligence artificielle et des objets connectés dans les pratiques médicales. Une charte nationale est en cours d’élaboration pour encadrer ces usages, en veillant à préserver la dimension humaine du soin tout en favorisant l’innovation. Le Maroc, affirme-t-il, peut devenir un pôle de référence en santé digitale à condition d’harmoniser ses outils et ses pratiques, et de consolider une vision commune entre les acteurs publics et privés.

