HbA1c à 5,8 % : le Dr Ghassani alerte sur les premiers signes du prédiabète

Au Maroc, le diabète de type 2 continue de progresser silencieusement. Pourtant, avant l’apparition de la maladie, certains marqueurs biologiques permettent déjà d’identifier un déséquilibre métabolique débutant. Parmi eux, l’HbA1c occupe aujourd’hui une place centrale dans le dépistage du prédiabète.

Dans cette analyse, le Dr Hind Ghassani, pharmacienne biologiste, revient sur l’importance d’un chiffre souvent sous-estimé : 5,8 %. Un taux qui ne correspond pas encore à un diabète, mais qui traduit déjà une altération progressive de la gestion du glucose par l’organisme.

Pourquoi la glycémie à jeun ne suffit plus

Pendant longtemps, la glycémie à jeun a constitué l’examen de référence pour évaluer le risque de diabète. Mais cette mesure reste limitée. Elle reflète uniquement le taux de sucre sanguin à un moment précis et peut varier selon l’alimentation récente, le stress ou certains comportements adoptés avant la prise de sang.

L’HbA1c apporte une vision beaucoup plus globale. Ce marqueur biologique mesure la moyenne du taux de sucre dans le sang sur une période de deux à trois mois. Contrairement à une glycémie isolée, il permet d’évaluer l’exposition chronique de l’organisme au glucose.

Selon le Dr Ghassani, cette approche offre une lecture plus fiable des déséquilibres métaboliques précoces, parfois invisibles sur une simple glycémie à jeun.

Un taux à 5,8 % : un signal d’alerte avant la maladie

Les recommandations internationales considèrent généralement qu’une HbA1c inférieure à 5,7 % correspond à un métabolisme glucidique normal. À partir de 6,5 %, le diagnostic de diabète peut être posé.

Entre les deux se situe la zone du prédiabète.

Un taux de 5,8 % marque ainsi l’entrée dans cette phase intermédiaire. À ce stade, le patient n’est pas diabétique. Mais ce résultat peut déjà traduire une résistance à l’insuline débutante, souvent favorisée par le surpoids, la sédentarité ou les antécédents familiaux.

Le Dr Ghassani insiste sur un point essentiel : le prédiabète n’est pas une fatalité. Cette période représente au contraire une fenêtre d’intervention particulièrement importante pour éviter l’évolution vers un diabète de type 2.

Les nouvelles recommandations misent sur la prévention

Les approches médicales actuelles privilégient désormais une prise en charge précoce, avant même l’installation du diabète.

Le dépistage par HbA1c est notamment recommandé à partir de 35 ans chez les personnes présentant des facteurs de risque, comme l’obésité, les antécédents familiaux ou certaines pathologies métaboliques.

L’objectif n’est pas de multiplier les traitements médicamenteux, mais d’agir rapidement sur le mode de vie. Selon le Dr Ghassani, une perte de poids de 5 à 7 % peut déjà améliorer significativement la sensibilité à l’insuline et réduire le risque de progression vers le diabète.

Le suivi biologique garde également une place importante. Un contrôle régulier de l’HbA1c, tous les six à douze mois selon les profils, permet d’évaluer concrètement l’impact des changements adoptés.

Des habitudes simples peuvent faire reculer le prédiabète

Le prédiabète reste réversible dans de nombreux cas. Plusieurs ajustements du quotidien peuvent contribuer à normaliser progressivement l’HbA1c.

Le Dr Ghassani recommande notamment de privilégier les glucides à index glycémique plus faible, en remplaçant autant que possible le pain blanc et certaines farines raffinées par des céréales complètes comme l’orge ou le blé complet.

La structure des repas joue également un rôle important. Commencer par les légumes et les fibres avant les glucides permet de ralentir l’absorption du sucre dans le sang et de limiter les pics glycémiques.

L’activité physique après les repas constitue aussi une mesure simple mais efficace. Une marche rapide de quinze minutes aide les muscles à utiliser plus rapidement le glucose circulant, réduisant ainsi la charge imposée au pancréas.

Un marqueur qui permet d’agir avant les complications

Pour le Dr Ghassani, l’intérêt majeur de l’HbA1c réside dans sa capacité à détecter les déséquilibres métaboliques avant l’apparition des complications du diabète.

Découvrir un taux à 5,8 % ne doit donc pas être vécu comme une condamnation, mais comme un signal d’alerte utile. Ce marqueur offre au patient et au médecin un temps précieux pour corriger la trajectoire et éviter l’installation progressive d’un diabète de type 2.

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