Le Maroc a décidé de suspendre temporairement les importations de volailles en provenance du Brésil, après la détection d’un foyer de grippe aviaire hautement pathogène de type H5N1 dans un élevage commercial situé à Montenegro, dans l’État brésilien de Rio Grande do Sul.
Cette mesure, annoncée ce 23 mai 2025, vise à prévenir l’introduction du virus sur le territoire national et à protéger à la fois la santé publique et la filière avicole marocaine. Selon les informations relayées par les autorités brésiliennes, le foyer détecté a conduit à la mise en quarantaine immédiate de l’élevage concerné, suivi d’une opération de désinfection et d’abattage préventif.
Une période d’observation de 28 jours a été enclenchée à la suite des opérations sanitaires, conformément aux protocoles de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Si aucun nouveau cas n’est recensé dans ce laps de temps, le Brésil pourrait recouvrer son statut de pays indemne.
Une réaction alignée sur les pratiques internationales
Contrairement à d’autres pays qui ont restreint leurs interdictions à la zone affectée, le Maroc a opté pour une suspension totale des importations de volailles brésiliennes, illustrant une approche stricte fondée sur le principe de précaution. Cette décision a été prise en coordination avec l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), qui assure un suivi permanent de la situation épidémiologique mondiale.
Cette mesure concerne toutes les formes de produits avicoles en provenance du Brésil : viandes fraîches ou transformées, œufs à couver, poussins d’un jour, ainsi que tous les sous-produits pouvant constituer un vecteur de transmission. Le Royaume applique ainsi un verrou sanitaire pour éviter toute éventuelle introduction du virus dans les élevages locaux.
Le Maroc n’est pas un cas isolé. Plusieurs autres pays ont pris des décisions similaires dans la foulée de l’annonce brésilienne. Le Canada, le Mexique, la Corée du Sud, l’Uruguay, le Chili, ou encore les membres de l’Union européenne ont mis en place des restrictions à l’importation. Ces mesures, qui varient selon les pays, témoignent de l’inquiétude croissante liée à la propagation du virus H5N1 à l’échelle mondiale.
Rappelons que le Brésil est le premier exportateur mondial de viande de volaille, avec des expéditions vers plus de 150 pays. Le moindre incident dans sa filière avicole a donc des répercussions globales. La transparence des autorités sanitaires brésiliennes, saluée par l’OMSA, n’a toutefois pas suffi à rassurer plusieurs gouvernements, y compris celui du Maroc.
Une vigilance renforcée sur le territoire national
Au niveau local, les services vétérinaires de l’ONSSA maintiennent une surveillance accrue sur l’ensemble du territoire. Les points d’entrée portuaires et aéroportuaires sont soumis à un contrôle renforcé, et les professionnels du secteur sont appelés à signaler tout cas suspect. Les vétérinaires privés ont également été mobilisés pour assurer une veille sanitaire dans les exploitations.
Par ailleurs, aucune importation directe de volailles brésiliennes n’avait été enregistrée récemment au Maroc, la majorité des importations avicoles provenant traditionnellement de pays européens ou régionaux. Toutefois, des produits de sous-traitance ou des matières premières peuvent transiter par des circuits indirects, justifiant la prudence marocaine.
Protéger la santé publique et la filière avicole nationale
La grippe aviaire, en particulier dans sa forme H5N1, présente des risques à la fois pour les oiseaux et potentiellement pour l’homme. Si la transmission interhumaine reste extrêmement rare, l’OMS considère que le virus représente une menace pandémique potentielle, notamment en cas de mutation.
Au Maroc, la filière avicole représente un secteur économique important, avec plus de 600 000 tonnes de viande de volaille produites chaque année et plus de 6 milliards d’œufs de consommation. Elle fait vivre directement ou indirectement des centaines de milliers de personnes, et tout impact sanitaire pourrait avoir des conséquences économiques et sociales considérables.
En prenant cette décision de suspension, les autorités marocaines réaffirment leur engagement pour une sécurité sanitaire rigoureuse et un encadrement préventif des flux commerciaux à risque. La mesure sera réévaluée à l’issue de la période d’observation du foyer brésilien, en tenant compte de l’évolution de la situation et des recommandations internationales.

