Financement de la souveraineté sanitaire : Tehraoui met en avant l’expérience marocaine à Addis-Abeba

Le ministre de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), Amine Tehraoui, a pris part, le 13 février 2026 à Addis-Abeba, à un dialogue de haut niveau consacré au financement de la souveraineté sanitaire en Afrique. La rencontre s’est tenue en marge de la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine.

Organisé conjointement par Africa CDC et la Banque africaine de développement (AfBD), cet événement a réuni chefs d’État, ministres de la santé et responsables des finances du continent. L’objectif était d’aborder les enjeux structurels du financement des systèmes de santé africains.

La participation du Maroc s’inscrit dans une dynamique continentale visant à renforcer des systèmes de santé résilients et autonomes. Elle reflète également l’engagement du Royaume dans l’agenda sanitaire africain, notamment face aux urgences sanitaires et aux crises futures.

Dans un contexte marqué par la pression sur les budgets publics et la baisse des financements extérieurs, le dialogue a appelé à une transformation de l’approche sanitaire. Les participants ont défendu une vision où la santé devient un investissement stratégique, porteur de stabilité et de croissance.

Les discussions ont mis l’accent sur la coordination entre les secteurs de la santé et des finances. Elles ont également porté sur la planification budgétaire, la responsabilité partagée et la mobilisation de ressources durables pour les systèmes de soins.

La rencontre a aussi encouragé la production locale de médicaments et de vaccins, ainsi que le renforcement des capacités de prévention et de réponse aux pandémies. Les échanges ont permis de comparer les politiques publiques et d’identifier des mécanismes innovants de financement sanitaire.

Un tournant pour la santé africaine

Lors de son intervention, Amine Tehraoui a insisté sur la dimension stratégique de ce dialogue, qualifié de moment politique majeur pour l’Afrique. Il a souligné la nécessité d’aligner décisions budgétaires, choix politiques et partenariats autour de systèmes de santé robustes.

Le ministre a rappelé que le budget du département de la Santé est passé d’environ 2 milliards de dollars en 2021 à plus de 4 milliards en 2026. Cette progression traduit une priorité accordée à la réforme du système de santé, avec un accent sur l’efficacité de la dépense publique.

Il a également mis en avant un changement de paradigme, fondé sur la protection sociale comme levier structurant du financement de la santé. L’architecture financière, l’offre de soins et la gestion des dépenses visent désormais une soutenabilité à long terme.

Les travaux ont abouti au lancement de la Déclaration d’Addis-Abeba, destinée à promouvoir des mécanismes de financement innovants et solidaires. Cette initiative vise à renforcer l’autonomie sanitaire africaine et à réduire la dépendance aux financements extérieurs en période de crise.

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