Malgré une hausse significative du budget alloué à la santé au Maroc, les ménages continuent d’assumer une part disproportionnée des dépenses. C’est ce que révèle le rapport 2022 des « Comptes nationaux de la santé », récemment publié par le ministère de la Santé et de la Protection sociale.
Selon les données, les dépenses globales de santé ont atteint 81,7 milliards de dirhams, soit 6,1 % du PIB. Une amélioration par rapport à 2018, mais qui masque un déséquilibre persistant : les familles marocaines financent encore 38 % des soins, bien au-delà du seuil recommandé par l’OMS (25 %). En tête des charges supportées par les foyers : les médicaments (44,1 %), suivis des consultations, des hospitalisations et des examens médicaux.
L’État a certes accru sa contribution (30,3 %), tout comme les régimes d’assurance maladie (31 %), mais le système reste déséquilibré. Le secteur privé continue de jouer un rôle majeur, absorbant plus de 58 % des fonds via les pharmacies, cliniques et cabinets médicaux.
Face à une population en transition démographique et épidémiologique, les experts appellent à une réforme structurelle du financement. Objectif : garantir un accès équitable aux soins, tout en réduisant la charge directe sur les ménages.

