Dakhla vient d’accueillir le premier Sommet Africain sur les Systèmes de Santé. Le Pr Youns Bjijou, directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS), a expliqué que le pays consolide une réforme destinée à anticiper les crises et à renforcer la gouvernance sanitaire.
Face aux délégations africaines, le Pr Bjijou a souligné que la pandémie du COVID-19 a révélé l’urgence d’un modèle plus réactif et mieux structuré. Le Maroc fait donc évoluer son système autour de trois piliers : la montée en compétences, l’innovation et une organisation capable de répondre rapidement aux menaces émergentes.
Le Sommet se veut aussi un espace d’échanges privilégié pour les pays africains. Les discussions portent sur les maladies prioritaires, la gestion des données, la couverture sanitaire universelle et les mécanismes de pilotage. L’objectif partagé est de garantir un accès équitable aux soins dans des contextes souvent marqués par des inégalités territoriales.
Un pas en avant pour la souveraineté sanitaire
La Déclaration de Dakhla constitue l’un des moments clés de l’événement. Elle propose un nouveau cadre de coopération Sud-Sud et fixe l’ambition d’une souveraineté sanitaire africaine à l’horizon 2030. Cette feuille de route appelle les institutions médicales et universitaires à renforcer leurs partenariats et à structurer des actions communes.
Le Pr Bjijou a aussi annoncé la création de plusieurs réseaux thématiques dédiés à l’économie de la santé, à la prévention et à l’organisation des parcours de soins. Ces plateformes devront produire des travaux réguliers et alimenter la réflexion scientifique du continent.
La formation occupe une place importante dans ce chantier. Une session connectera des étudiants et jeunes chercheurs issus des universités partenaires de l’African Academy of Health Sciences. Par ailleurs, un premier volume consacré aux systèmes de santé africains paraîtra le 7 avril 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé.
Le Pr Bjijou a insisté sur la nécessité d’un engagement collectif. Selon lui, la réussite de cette transformation dépendra de la capacité des pays africains à unir leurs efforts et à bâtir des systèmes de santé plus autonomes, mieux préparés et solidement ancrés dans une vision commune.

