L’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé (UM6SS) accueille, jusqu’au 16 mai 2026 à Casablanca, la deuxième édition du Congrès Africain des Sciences Infirmières et Professions de la Santé (CASIPS).
Organisé par la Faculté Mohammed VI des Sciences Infirmières et Professions de la Santé (FM6SIPS), cet événement scientifique panafricain est placé sous le thème : « L’ancrage des pratiques avancées en sciences infirmières et professions de la santé en Afrique ».
Après une première édition ayant réuni près de 700 participants issus de plus de 20 pays, dont 15 pays africains, le CASIPS confirme son ambition de s’imposer comme une plateforme scientifique africaine de référence pour les sciences infirmières et les professions de santé.
La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités du secteur de la santé et du monde académique, notamment le Pr Mohamed Adnaoui, le Pr Youns Bjijou, le Pr Jaâfar Heikel, le Pr Moulay Hicham Afif, le Pr Ahmed Rhassane El Adib et le Pr Fadila Kouhen.
Plusieurs distinctions ont également été remises à cette occasion au Pr Sair, au Pr Adnaoui, au Pr Bjijou ainsi qu’à plusieurs personnalités internationales, en reconnaissance de leurs contributions dans le domaine des sciences infirmières, de la formation et de la santé.
Organisé sous l’égide du ministère de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), le CASIPS 2026 entend renforcer les échanges scientifiques Sud-Sud et promouvoir le développement de modèles de soins adaptés aux réalités africaines.
Chercheurs, cliniciens, enseignants, étudiants et professionnels de santé issus de plusieurs pays africains et internationaux prennent part à cette édition à travers un programme composé de conférences plénières, workshops, masterclass et communications scientifiques.
Le Pr Rachid Fares insiste sur les défis liés à l’intelligence artificielle
Vice-président des Sciences infirmières et Professions de la Santé à l’UM6SS, le Pr Rachid Fares a souligné l’importance symbolique et scientifique de cette édition organisée durant le mois de célébration des professions de santé.
« Le mois de mai est un mois de célébration pour les professions de santé. On célèbre le 5 mai la Journée internationale des sages-femmes et le 12 mai la Journée internationale des infirmiers. C’est une manière de rendre hommage à ces professionnels qui assurent un travail de proximité avec les patients 24 heures sur 24 », a-t-il déclaré.
Le responsable universitaire a également insisté sur l’importance des pratiques avancées dans la transformation des systèmes de santé africains. Selon lui, l’évolution rapide des technologies, notamment l’intelligence artificielle et la digitalisation du secteur de la santé, impose une adaptation des formations et des compétences.
« Il est temps pour nos systèmes de santé africains d’intégrer les pratiques avancées en sciences infirmières et professions de santé afin de former des professionnels capables de relever les défis liés à l’intelligence artificielle et aux nouvelles technologies », a expliqué le Pr Fares.
Le Vice-président des Sciences infirmières et Professions de la Santé à l’UM6SS a toutefois appelé à une utilisation encadrée de l’intelligence artificielle dans le domaine médical. Il estime que ces technologies doivent accompagner les professionnels de santé sans déshumaniser la relation de soin.
« L’intelligence artificielle peut faciliter le diagnostic et améliorer certains processus de prise en charge, mais elle ne remplacera jamais l’infirmier, la sage-femme ou le professionnel de santé. Le soin reste profondément humain », a-t-il affirmé.
Le Pr Jaâfar Heikel met en avant le rôle humain des professions paramédicales
De son côté, le Pr Jaâfar Heikel, directeur général du pôle Stratégie, Développement et Relations Internationales de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS), a rappelé le rôle central des professions paramédicales dans les systèmes de santé modernes.
« Cet événement est extrêmement important. Il permet de mettre en lumière le rôle essentiel des sciences infirmières et des professions paramédicales dans l’ensemble du parcours de soin, de la prévention jusqu’à la prise en charge curative », a-t-il indiqué.
Le Pr Heikel a également mis l’accent sur la dimension humaine de ces métiers et leur contribution à l’amélioration de la qualité des soins au Maroc et en Afrique.
« Les infirmiers et l’ensemble des professions paramédicales jouent un rôle fondamental pour garantir une meilleure qualité de prise en charge des patients », a-t-il ajouté.
Simulation en santé, innovations pédagogiques et coopération africaine au programme
Cette édition accorde une attention particulière aux pratiques avancées en sciences infirmières, à la simulation en santé, aux innovations pédagogiques et au développement des compétences professionnelles.
Les travaux du congrès couvrent notamment les sciences infirmières, les sciences obstétricales et périnatales, les sciences de rééducation et de réhabilitation, la nutrition, les techniques de santé ainsi que la psychologie clinique.
Le CASIPS 2026 se distingue également par la publication de ses actes dans la revue scientifique internationale BMC Proceedings, renforçant ainsi la visibilité des travaux présentés et l’attractivité du congrès auprès de la communauté scientifique internationale.
Les organisateurs souhaitent également faire de cette édition un espace de coopération scientifique interafricaine capable de favoriser l’émergence de systèmes de santé plus performants, plus innovants et mieux adaptés aux réalités du continent.
Des étudiants africains impliqués dans la dynamique du congrès
Parmi les participants figure également Bobo Gnomoko Espoir Welcome, étudiant en troisième année d’orthophonie à l’UM6SS, qui a tenu à saluer la dynamique portée par le congrès.
« J’ai assisté à la première édition et aujourd’hui encore, en tant que futur professionnel de santé, il est important pour moi d’être au cœur des réflexions et des avancées autour de cette dynamique », a-t-il déclaré.
L’étudiant a également souligné sa fierté de participer à cette évolution du congrès depuis son arrivée à l’université.
« J’ai commencé en première année lors de la première édition du congrès et aujourd’hui, en troisième année, je suis fier du parcours accompli », a-t-il ajouté.
À travers cette deuxième édition, l’UM6SS ambitionne de consolider un espace scientifique africain dédié aux sciences infirmières et aux professions de santé, tout en renforçant les coopérations académiques et professionnelles à l’échelle du continent.

