Des spécialistes de la Clinique Littoral du Groupe Oncorad à Casablanca ont publié ce qu’ils présentent comme la première expérience marocaine et africaine de curiethérapie à haut débit de dose (HDR) pour le traitement conservateur d’un cancer du pénis. Cette approche a permis d’éviter une chirurgie mutilante chez un patient de 50 ans tout en préservant ses fonctions urinaires et une partie de sa fonction sexuelle.
Publiée dans la revue scientifique Cureus, cette étude a été menée par le Pr Redouane Samlali, le Dr Hamza Samlali, le Dr Najlaa Assaid, le Dr Youness Khobbaizi et le Pr Hassan Jouhadi. Les auteurs décrivent le premier cas documenté au Maroc et en Afrique traité par curiethérapie HDR conservatrice. Un gabarit personnalisé a été conçu afin de guider avec précision l’administration du traitement.
Le patient, âgé de 50 ans, présentait un carcinome épidermoïde infiltrant du gland classé T2N0M0. La prise en charge standard recommandait une glansectomie partielle. Le patient a toutefois refusé cette intervention chirurgicale. L’équipe médicale a alors retenu une stratégie conservatrice reposant sur la curiethérapie HDR, qui permet de délivrer de fortes doses de rayonnements directement au niveau de la tumeur tout en limitant l’exposition des tissus sains.
Une alternative à la chirurgie mutilante
Pour réaliser cette intervention, les médecins ont développé un gabarit personnalisé à partir d’une modélisation tridimensionnelle de l’anatomie du patient. Ce dispositif a permis un positionnement précis des aiguilles utilisées pour l’administration du traitement. La première séquence thérapeutique a comporté dix fractions de 2,5 Gy administrées sur cinq jours. Les auteurs rapportent l’absence de toxicité aiguë, de nécrose ou d’ulcération cutanée après cette première phase.
Toutefois, une récidive superficielle limitée a été observée quatre mois plus tard dans une zone déjà irradiée. Face à cette situation et au maintien du refus chirurgical du patient, une seconde séance de curiethérapie HDR a été réalisée.
Après 18 mois de suivi, les auteurs indiquent que les fonctions urinaires sont restées normales, sans sténose urétrale. Une partie de la fonction sexuelle a également pu être préservée. Aucune complication sévère n’a été rapportée.
Une piste prometteuse pour les traitements conservateurs
Les chercheurs estiment que cette expérience ouvre de nouvelles perspectives pour la prise en charge conservatrice de certains cancers du pénis dans des contextes à ressources limitées. Ils soulignent néanmoins qu’il s’agit d’un cas unique. Des données supplémentaires seront nécessaires pour confirmer l’efficacité oncologique à long terme de cette approche.
Selon eux, la curiethérapie HDR pourrait constituer une alternative pour les patients refusant les interventions mutilantes, tout en contribuant à préserver leur qualité de vie.

