Autorisation des établissements pharmaceutiques : l’AMMPS prend la main à partir du 16 juin

C’est un tournant majeur dans la régulation du secteur pharmaceutique au Maroc. À partir du 16 juin 2025, la gestion des autorisations relatives à la création, l’ouverture et l’exploitation des établissements pharmaceutiques industriels et des grossistes répartiteurs bascule officiellement sous la responsabilité de l’Agence Marocaine des Médicaments et des Produits de Santé (AMMPS).

Jusqu’ici, ces démarches relevaient du Secrétariat Général du Gouvernement (SGG). Mais avec l’entrée en vigueur des dispositions de la loi 10-22, l’AMMPS devient l’autorité compétente, marquant une centralisation inédite des procédures dans une optique d’efficacité, de simplification administrative et d’amélioration de la transparence.

Une réforme aux multiples impacts

Outre les établissements eux-mêmes, cette nouvelle compétence s’étend également aux pharmaciens appelés à exercer au sein de ces structures. Désormais, leur autorisation d’exercice devra aussi être validée par l’Agence, dans une logique d’uniformisation des circuits décisionnels.

Pour les dossiers déjà déposés auprès du SGG avant le 16 juin, le traitement restera du ressort de cette instance jusqu’à leur finalisation. Aucun transfert rétroactif n’est prévu, afin d’assurer une continuité sans rupture pour les professionnels concernés.

Les pharmaciens de nationalité étrangère sont eux aussi concernés. Avant de pouvoir soumettre leur demande d’exercice à l’AMMPS, ils devront d’abord obtenir une autorisation préalable du Secrétariat Général du Gouvernement. Une exigence qui demeure en vigueur et qui constitue un passage obligé pour l’accès à la profession dans un cadre industriel ou logistique.

Fluidifier la régulation pour mieux accompagner le développement

Pour les autorités sanitaires, ce changement s’inscrit dans une volonté plus large de refondation du système de régulation du médicament et des produits de santé au Maroc. En confiant l’ensemble du dispositif à une agence spécialisée, l’objectif est de favoriser une approche plus fluide, mieux adaptée aux exigences techniques du secteur, et en phase avec les standards internationaux.

Cette réforme intervient dans un contexte où les enjeux liés à la souveraineté pharmaceutique, à la fabrication locale et à la maîtrise des circuits de distribution sont devenus stratégiques. En renforçant la capacité de l’AMMPS à piloter l’écosystème pharmaceutique dans sa globalité, le ministère de tutelle entend doter le pays d’un outil plus moderne, plus réactif et mieux structuré pour répondre aux défis de santé publique et de sécurité des approvisionnements.

Un signal fort pour les professionnels et les investisseurs

Pour les industriels du médicament, distributeurs ou porteurs de projets, cette centralisation pourrait aussi se traduire par une plus grande lisibilité des démarches et un dialogue renforcé avec l’autorité de régulation. L’AMMPS, déjà en charge de l’octroi des Autorisations de Mise sur le Marché (AMM), devient ainsi le guichet unique pour l’ensemble des volets liés à l’installation et à l’activité des opérateurs pharmaceutiques.

C’est un pas de plus vers une professionnalisation accrue du secteur, à un moment où le Maroc multiplie les initiatives pour attirer les investissements, renforcer ses capacités de production et asseoir sa position de hub régional dans le domaine pharmaceutique et de la santé.

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