L’usage d’antibiotiques durant la grossesse pourrait augmenter le risque d’infection bactérienne chez les nouveau-nés. C’est ce que suggère une étude récente menée par des chercheurs suédois et belges. Les résultats pointent une hausse significative des cas de streptocoque du groupe B (GBS) chez les nourrissons exposés in utero.
Les chercheurs de l’Institut Karolinska et de l’Université d’Anvers ont observé une augmentation d’environ 30 % du risque de GBS dans les quatre semaines suivant la naissance. La période la plus sensible se situerait au début du troisième trimestre. Cette fenêtre de vulnérabilité semble déterminante pour la santé néonatale.
Le streptocoque du groupe B est une bactérie naturellement présente dans l’organisme de certaines femmes. Dans de rares cas, elle peut provoquer des infections graves chez le nouveau-né, comme la septicémie, la pneumonie ou la méningite. La majorité des bébés exposés restent en bonne santé, mais les formes sévères peuvent apparaître rapidement après la naissance ou plusieurs semaines plus tard.
Les symptômes incluent fièvre, hypothermie, difficultés respiratoires, troubles de l’alimentation, irritabilité ou convulsions. Le dépistage prénatal, réalisé entre la 36e et la 37e semaine de grossesse, permet souvent de prévenir ces complications. Le traitement repose sur des antibiotiques administrés à la mère au moment de l’accouchement.
Pour cette étude, les chercheurs ont analysé plus d’un million de naissances en Suède, entre 2006 et 2016. Près d’un quart des femmes avaient reçu des antibiotiques durant la grossesse. Les données montrent une incidence plus élevée de GBS chez les nouveau-nés exposés, comparée aux enfants non exposés.
Les auteurs appellent toutefois à la prudence. Ils estiment que ces résultats ne permettent pas encore d’établir un lien de causalité direct. Des recherches complémentaires sont nécessaires, d’autant que l’usage des antibiotiques pendant la grossesse reste fréquent dans le monde.

