Andropause : le Pr Ahallal éclaire un changement hormonal encore méconnu

L’andropause reste un phénomène méconnu, souvent confondu avec un simple vieillissement alors qu’elle correspond à une baisse progressive de la testostérone. Ce changement survient le plus souvent après 50 ans et peut toucher à la fois l’énergie, la sexualité, l’humeur et la composition corporelle.

Malgré son impact, beaucoup d’hommes tardent à consulter, en raison du manque d’information et du poids des représentations liées à la virilité. Contrairement à la ménopause, l’andropause n’apparaît ni brutalement ni de façon systématique.

La diminution de la testostérone se fait lentement, parfois sur plusieurs années, avec des variations importantes d’un homme à l’autre. Cette évolution progressive explique pourquoi certains symptômes passent inaperçus ou sont attribués à la fatigue ou au stress quotidien.

Une baisse hormonale lente et très variable

Fatigue persistante, baisse de désir, ralentissement de la performance sexuelle, irritabilité, prise de poids abdominal ou diminution de l’énergie : ces manifestations figurent parmi les signaux les plus fréquents. Elles ne relèvent pas d’un « tabou », mais d’un déséquilibre hormonal qui peut être mesuré et traité. Une consultation spécialisée permet d’écarter d’autres pathologies et de poser un diagnostic clair grâce à un bilan hormonal simple.

À l’occasion du Movember, Santé Mag s’est entretenu avec le Pr Youness Ahallal, chirurgien urologue et référence nationale en chirurgie robotique. Il rappelle que l’andropause diffère profondément de la ménopause féminine. Là où la ménopause est brutale et définitive, la baisse de testostérone reste progressive, parfois réversible, et peut bénéficier d’une prise en charge personnalisée.

Ses explications mettent en lumière l’importance d’informer, d’évaluer précocement et d’accompagner les hommes dans cette transition.

Prévention : un rôle central après 50 ans

La prise en charge repose sur plusieurs leviers : amélioration de l’hygiène de vie, prise en compte des facteurs cardio-métaboliques, soutien psychologique si nécessaire et, dans certains cas, traitement hormonal substitutif. L’objectif est d’améliorer l’énergie, la libido, l’équilibre émotionnel et le bien-être global. Les thérapies récentes permettent des protocoles mieux adaptés au profil des patients.

Le Pr Ahallal insiste sur la nécessité d’un suivi régulier. Un dosage annuel de la testostérone permet de repérer une baisse dès ses débuts. Ce suivi devient essentiel chez les hommes ayant des facteurs de risque comme le diabète, l’hypertension, l’obésité ou un antécédent cardiovasculaire. Une approche proactive évite une altération progressive de la qualité de vie et facilite une prise en charge adaptée.

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