La clinique Akdital de Rabat a été contrainte de fermer ses portes sur décision du wali de la région, Mohamed El Yaacoubi. Située à Agdal, cette nouvelle structure du groupe Akdital avait pourtant à peine commencé à accueillir ses premiers patients.
Les autorités locales pointent de graves irrégularités en matière d’urbanisme et de conformité administrative, remettant en cause la légalité de l’ouverture de l’Hôpital Privé Ibn Yassine Rabat.
L’établissement, inauguré à la mi-juin, avait obtenu un certificat de conformité avant de démarrer son activité le 17 juin. Mais trois jours plus tard, l’administration a annulé l’autorisation via la plateforme Rokhas. Cette décision, inattendue, a mis en lumière un enchaînement d’erreurs et de manquements dans la gestion du projet, aussi bien au niveau du groupe que des services de contrôle.
Plusieurs manquements signalés
L’enquête menée par les autorités a révélé plusieurs modifications apportées au plan architectural initial sans validation préalable. Ces changements ont rendu le bâtiment non conforme aux autorisations délivrées. Malgré cela, la clinique a ouvert ses portes au public, en infraction avec les procédures réglementaires en vigueur. Une commission technique, composée de représentants de la wilaya, de l’agence urbaine, du ministère de la Santé et de la protection civile, a confirmé ces anomalies, entraînant la fermeture immédiate du site.
Au-delà des manquements constatés, l’affaire soulève la question du suivi administratif. L’agence urbaine de Rabat a été critiquée pour son laxisme, et plusieurs responsables ont été déplacés. Le chef d’arrondissement d’Agdal a, lui aussi, été rappelé à l’ordre pour n’avoir pas signalé les écarts observés. Ce dysfonctionnement collectif interroge la rigueur du contrôle des grands chantiers privés dans la capitale.
De son côté, Akdital tente de régulariser la situation. Le groupe a lancé des travaux de mise en conformité et soumis de nouveaux plans aux autorités compétentes. Objectif : obtenir une validation de la commission technique et espérer une réouverture rapide. Mais cette affaire, qui ternit l’image du leader marocain de la santé privée, relance le débat sur la gouvernance des projets hospitaliers et la transparence dans leur autorisation.

