Le ministère de l’Enseignement supérieur envisage d’abaisser le seuil de sélection pour l’accès aux études médicales. Selon le Pr Azzedine El Midaoui, des discussions sont en cours pour fixer la moyenne minimale d’admission à 12/20 dès cette année universitaire.
Cette décision, encore à l’étude, vise à répondre à la forte demande des étudiants et au besoin croissant en médecins dans le pays. Le seuil d’entrée, longtemps fixé à 14,85/20, avait déjà été ramené à 12/20 en 2022, avant d’être rehaussé à 13/20 l’an dernier. Le ministère considère aujourd’hui qu’un assouplissement serait pertinent, notamment à la lumière de l’augmentation significative des capacités d’accueil dans les facultés de médecine et de pharmacie.
En quelques années, le nombre de places disponibles est passé de 20.000 à près de 60.000, grâce à l’ouverture d’établissements dans plusieurs villes du Royaume, comme Béni Mellal, Errachidia, El Jadida ou Laâyoune. Pour le ministère, il s’agit de mieux répartir l’offre de formation sur le territoire tout en donnant leur chance à un plus grand nombre de candidats.
Pas de suppression des frais pour les masters professionnels
Interpellé sur une éventuelle gratuité des masters pour les fonctionnaires, le ministre a écarté cette hypothèse. Il rappelle que chaque université fixe ses propres frais en fonction de ses moyens et des besoins exprimés par les étudiants. Il a néanmoins reconnu que les montants, qui peuvent dépasser 25.000 dirhams, doivent faire l’objet d’une meilleure régulation, sans pour autant remettre en cause l’autonomie des établissements.
Le ministère encourage par ailleurs des formats adaptés pour les professionnels en activité, notamment à travers des formations en horaires aménagés.
Renforts dans l’encadrement pédagogique
Côté encadrement, plus de 1.000 docteurs ont été mobilisés depuis l’an dernier pour venir en appui aux équipes pédagogiques. Chacun assure 90 heures de formation, mais malgré ces renforts, les standards internationaux restent difficiles à atteindre. Le ministre reconnaît que le chantier reste ouvert, même si des avancées sont enregistrées.
À travers ces ajustements, le gouvernement cherche à rendre le système plus équitable et plus en phase avec les réalités sociales, tout en gardant l’ambition de renforcer la qualité de la formation médicale dans le Royaume.

