Le Pr Nabil Ismaili, oncologue médical à l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé (UM6SS), vient de publier une revue scientifique dans la revue internationale Frontiers in Immunology consacrée aux biomarqueurs de l’immunothérapie dans le cancer gastrique.
Publiée le 11 juin 2026 dans Frontiers in Immunology, cette revue illustre la place croissante des équipes marocaines dans les travaux consacrés à la médecine de précision et à l’optimisation de l’immunothérapie des cancers digestifs.
L’immunothérapie a profondément modifié la prise en charge de certains cancers digestifs. Toutefois, seuls certains patients en tirent un bénéfice durable. Aujourd’hui, les décisions thérapeutiques reposent principalement sur des biomarqueurs tumoraux tels que l’expression de PD-L1 ou l’instabilité microsatellitaire (MSI). Selon l’auteur, ces marqueurs restent utiles mais présentent des limites qui ne permettent pas d’expliquer toutes les réponses observées en pratique clinique.
Dans cette revue, le spécialiste marocain explore plusieurs pistes complémentaires. Il s’intéresse notamment aux auto-anticorps, aux marqueurs de l’inflammation systémique, au microbiote intestinal, à l’ADN tumoral circulant ainsi qu’à différents mécanismes immunitaires susceptibles d’influencer l’efficacité des traitements. L’objectif est de développer une approche plus globale associant les caractéristiques biologiques de la tumeur à celles du patient.
L’article propose ainsi un cadre conceptuel en trois étapes. Les biomarqueurs tumoraux validés conservent leur place centrale, mais pourraient être complétés par des données liées à l’état immunitaire de l’organisme et par des outils de suivi dynamique permettant d’évaluer l’évolution de la maladie en temps réel.
Le Pr Ismaili souligne toutefois que la plupart de ces biomarqueurs émergents demeurent expérimentaux. À ce stade, seuls certains marqueurs, comme le statut MSI ou l’expression de PD-L1, disposent d’un niveau de validation suffisant pour guider les décisions thérapeutiques en routine. Les autres approches nécessitent encore des études prospectives avant une éventuelle intégration dans la pratique clinique.

