Les épreuves nationales du baccalauréat 2026 au Maroc se déroulent dans un contexte météorologique particulièrement difficile. Plusieurs provinces du Royaume font l’objet d’alertes orange en raison de fortes chaleurs pouvant atteindre 42°C. Une situation qui soulève des questions non seulement sur le confort des candidats, mais aussi sur leur santé et leurs capacités de concentration au moment des examens.
Pour le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, la superposition des examens et des épisodes caniculaires constitue une « double peine sanitaire et pédagogique ».
Selon lui, les fortes températures peuvent affecter directement les performances cognitives des élèves et créer des inégalités entre candidats selon leur région ou les conditions de leur établissement scolaire.
Dès que la température d’une salle d’examen dépasse les 28 à 30°C, le cerveau doit mobiliser davantage d’énergie pour réguler la température corporelle. Cette adaptation réduit les ressources disponibles pour la concentration, la mémoire de travail et la rapidité de traitement de l’information. Le spécialiste souligne également que les nuits chaudes, lorsque les températures restent supérieures à 20°C, perturbent le sommeil et limitent la récupération physique et mentale entre deux journées d’épreuves.
Déshydratation, fatigue et risque de coup de chaleur
Au-delà des difficultés de concentration, la canicule expose aussi les candidats à des risques médicaux bien réels. Déshydratation, maux de tête, hypotension ou encore coup de chaleur peuvent survenir lorsque l’exposition aux températures élevées se prolonge.
Le Dr Hamdi estime par ailleurs que tous les candidats ne sont pas confrontés aux mêmes conditions. Certains établissements ou domiciles sont mieux adaptés à la chaleur que d’autres, ce qui peut accentuer les écarts de performance indépendamment du niveau scolaire des élèves.
Les conseils du Dr Hamdi pour traverser les épreuves
Face à cette situation, le spécialiste recommande de ne pas attendre la sensation de soif avant de boire. Il conseille aux candidats de s’hydrater régulièrement tout au long de la journée et d’éviter les boissons sucrées ainsi que le café.
Il préconise également de privilégier les espaces les plus frais au domicile, de limiter l’exposition au soleil aux heures les plus chaudes et de veiller à un sommeil suffisant afin de favoriser la récupération physique et mentale pendant toute la durée des examens.
Faut-il adapter l’école marocaine aux vagues de chaleur ?
Pour le Dr Hamdi, la multiplication des épisodes de chaleur extrême pose une question plus large : celle de l’adaptation du système éducatif marocain aux effets du changement climatique.
Modernisation des bâtiments scolaires, amélioration du confort thermique des salles de classe, flexibilisation des horaires ou encore prise en compte des spécificités climatiques régionales figurent parmi les pistes avancées. Des mesures qui pourraient devenir incontournables à mesure que les canicules gagnent en fréquence et en intensité au Maroc.

